"Plus d'un Français sur quatre bénéficiera de ce dispositif": une centaine de territoires ont été sélectionnés pour une "électrification accélérée"

## Électrification accélérée : 109 territoires retenus pour un plan de 10 milliards d'euros Le gouvernement a dévoilé jeudi la liste des territoires retenus dan
## Électrification accélérée : 109 territoires retenus pour un plan de 10 milliards d'euros
Le gouvernement a dévoilé jeudi la liste des territoires retenus dans le cadre de son plan d'électrification accélérée, une initiative présentée comme un levier majeur de la transition énergétique française. Selon les informations transmises par le ministère de l'Énergie et révélées par *Le Parisien*, 109 territoires regroupant près de 7.000 communes ont été sélectionnés pour bénéficier en priorité des 10 milliards d'euros mobilisés via les certificats d'économie d'énergie (CEE). La ministre déléguée à l'Énergie, Maud Brégeon, estime que « plus d'un Français sur quatre bénéficiera de ce dispositif ».
## Une sélection resserrée parmi près de 200 candidatures
Sur les près de 200 dossiers déposés à l'issue de l'appel à candidature, 109 ont finalement été retenus, a précisé Maud Brégeon dans un entretien accordé au quotidien francilien. La liste mêle des profils variés : Saint-Maur (Val-de-Marne), la communauté d'agglomération du Pays basque, la communauté de communes Terre de Beauce en Eure-et-Loir, mais aussi des collectivités ultramarines comme la Martinique et La Réunion. La Corse figure également parmi les lauréats. Ce maillage territorial, qui couvre des zones urbaines, rurales et insulaires, traduit selon le ministère la volonté de traiter des situations énergétiques hétérogènes.
## Trois priorités affichées : chauffage, mobilité et artisanat
Les financements doivent servir plusieurs objectifs. Le premier concerne la sortie du gaz et du fioul pour le chauffage des bâtiments, un chantier de longue haleine dans l'habitat ancien. Le deuxième porte sur la mobilité électrique, avec l'accélération du déploiement de bornes de recharge sur l'ensemble des territoires retenus. Un troisième volet cible l'agriculture et l'artisanat, deux secteurs fortement dépendants des énergies fossiles et souvent difficiles à décarboner. Ces priorités s'inscrivent dans un contexte où la France cherche à réduire sa dépendance aux importations d'hydrocarbures, un sujet devenu central avec la crise énergétique.
## Les certificats d'économie d'énergie comme moteur
Le financement du dispositif repose sur les CEE, des contributions versées par les fournisseurs d'énergie selon le principe du « pollueur-payeur ». Ce mécanisme oblige les vendeurs d'énergie à financer des actions de décarbonation, sous peine de sanctions. Les 10 milliards d'euros évoqués correspondent au plan global d'électrification, dont une partie sera donc fléchée vers les 109 territoires sélectionnés. Ce mode de financement présente l'avantage de ne pas peser directement sur le budget de l'État, mais il dépend de la capacité des obligés à générer des volumes suffisants.
## Une deuxième phase annoncée pour octobre
La ministre a d'ores et déjà annoncé le lancement, en octobre, d'une seconde phase du plan d'électrification. Celle-ci « sera financée en redéployant des crédits consacrés à certaines aides coûteuses et insuffisamment efficaces », selon ses propos rapportés par *Le Parisien*. Ce redéploiement budgétaire pourrait susciter des débats, plusieurs dispositifs d'aide existants étant susceptibles d'être rabotés. Les arbitrages restent à préciser, tout comme le calendrier opérationnel des premiers chantiers dans les territoires lauréats.
L'enjeu est double : tenir les objectifs de réduction des émissions de CO2 tout en répondant aux attentes des ménages et des entreprises confrontés à la flambée des coûts de l'énergie. La réussite du dispositif dépendra largement de la capacité des collectivités retenues à mobiliser rapidement les fonds et à coordonner les acteurs locaux.