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«Plus d’une centaine de déflagrations» : des obus de la Seconde Guerre mondiale retrouvés au cœur de l’incendie de Gironde

Une · · Par Claire BERNARD

«Plus d’une centaine de déflagrations» : des obus de la Seconde Guerre mondiale retrouvés au cœur de l’incendie de Gironde

### Incendie en Gironde : des obus de la Seconde Guerre mondiale explosent sous l’effet des flammes Alors que les pompiers luttaient contre le violent incendie

### Incendie en Gironde : des obus de la Seconde Guerre mondiale explosent sous l’effet des flammes Alors que les pompiers luttaient contre le violent incendie qui a ravagé la commune de Saumos et ses environs à partir du 22 juillet, un danger insoupçonné a émergé dans la nuit du 23 au 24 juillet. Sur la commune voisine du Porge, les soldats du feu ont été confrontés à l’explosion d’obus datant de la Seconde Guerre mondiale, enfouis dans le sol depuis des décennies. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, ce phénomène a provoqué «plus d’une centaine de déflagrations», compliquant considérablement les opérations de lutte contre le brasier. ## Des détonations d’abord attribuées à des bouteilles de gaz Interrogé par Franceinfo, le maire du Porge, Martial Zaninetti, a décrit une scène digne d’un «bruit de guerre». Dans un premier temps, les sapeurs-pompiers et l’édile ont pensé à des explosions de bouteilles de gaz, une hypothèse plausible dans le cadre d’un incendie de grande ampleur. Cependant, l’intensité des détonations a rapidement écarté cette piste. «Les déflagrations étaient vraiment trop importantes», a expliqué l’élu. Il a ensuite précisé que des dépôts de munitions enterrés, dont personne n’avait connaissance, se trouvaient sur le parcours du feu. «Nous ne le savions pas, mais il y avait sur notre commune des dépôts de munitions enterrés dans des terrains. Ils ont explosé», a-t-il détaillé, soulignant que cet incident n’avait, par chance, fait aucun blessé. ### Une menace historique refait surface La présence de ces obus de la Seconde Guerre mondiale, répartis sur plusieurs zones du parcours de l’incendie, constitue un rappel brutal de l’histoire militaire de la région. La Gironde, et plus largement la côte atlantique française, avait été fortifiée par l’armée allemande dans le cadre du Mur de l’Atlantique. De nombreux dépôts de munitions et champs de mines y avaient été installés. Bien que des opérations de déminage aient été menées après la guerre, il n’est pas rare que des engins explosifs refassent surface, notamment lors de travaux agricoles, de tempêtes ou, comme ici, d’incendies. Le feu, en atteignant des températures très élevées, aurait déclenché la combustion des explosifs contenus dans ces obus, provoquant leur détonation. Selon des sources locales, un obus aurait même traversé une maison, sans faire de victime, ce qui témoigne de la puissance des déflagrations. ## Des conséquences sur la stratégie de lutte contre l’incendie Pour les pompiers, déjà mobilisés sur un front de flammes étendu, cette découverte a imposé une réévaluation de leur stratégie. La présence de ces munitions actives a rendu certaines zones particulièrement dangereuses, forçant les équipes à adapter leurs déplacements et leurs points d’attaque. Il ne s’agissait plus seulement de maîtriser le feu, mais aussi de le faire sans provoquer de nouvelles explosions qui auraient pu blesser les soldats du feu ou les habitants évacués. Le préfet de la Gironde, en lien avec les services de déminage de la sécurité civile, a dû être alerté pour sécuriser les secteurs concernés une fois l’incendie maîtrisé. Cette situation inédite souligne la complexité des feux de forêt dans une région où le passé militaire reste enfoui sous terre. ### Un phénomène qui interroge la mémoire des sols Au-delà de l’urgence immédiate, cet événement pose la question de la cartographie et de la connaissance des sols en zone forestière. Si les dépôts de munitions étaient connus des anciens, leur localisation précise s’était perdue avec le temps. L’incendie du Porge, en les révélant de manière aussi spectaculaire, pourrait inciter les autorités à engager des campagnes de détection plus systématiques dans les zones à risque. Le maire a d’ailleurs reconnu que la commune ignorait la présence de ces obus. Les opérations de déminage qui suivront l’extinction complète du feu seront cruciales pour garantir la sécurité des habitants et des secours. Alors que la Gironde panse ses plaies et que les pompiers continuent de lutter contre les derniers foyers, la découverte de ces vestiges de guerre ajoute une dimension historique et technique à une catastrophe déjà hors norme.