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Plafonnement du prix des carburants : comment fonctionne le modèle belgo-luxembourgeois, dont souhaite s’inspirer l’Allemagne ?

Une · · Par Claire BERNARD

Plafonnement du prix des carburants : comment fonctionne le modèle belgo-luxembourgeois, dont souhaite s’inspirer l’Allemagne ?

## Le plafonnement des carburants : un modèle belgo-luxembourgeois sous les projecteurs Alors que la flambée des prix à la pompe atteint des niveaux historiques

## Le plafonnement des carburants : un modèle belgo-luxembourgeois sous les projecteurs Alors que la flambée des prix à la pompe atteint des niveaux historiques en Europe, l'Allemagne a annoncé, la semaine dernière, vouloir s'inspirer du dispositif en vigueur en Belgique et au Luxembourg pour encadrer le prix des carburants. Selon des informations rapportées par Le Figaro, Berlin mène des discussions avec l'industrie pétrolière en vue d'introduire, au plus tard le 1er janvier 2027, un plafonnement du prix du carburant calqué sur ce modèle voisin. ## Un mécanisme d'encadrement administré En Belgique et au Luxembourg, le fonctionnement repose sur un principe relativement simple : l'État communique des tarifs maximaux aux distributeurs, lesquels ne sont pas autorisés à les dépasser. Ce dispositif diffère sensiblement des mécanismes de régulation observés ailleurs en Europe, où les gouvernements privilégient souvent des outils fiscaux — rabais sur les accises, réduction de la TVA ou suppression temporaire de certaines taxes — plutôt qu'un encadrement direct des prix affichés en station-service. Selon Le Figaro, cette approche administrative permettrait de contenir les hausses dans des proportions maîtrisées, en fixant un plafond que les opérateurs pétroliers ne peuvent franchir. Le journal précise toutefois que, appliquée de façon isolée, cette stratégie peinerait à contenir la flambée des prix à la pompe, notamment lorsque les tensions sur les marchés internationaux s'intensifient. ## Le cas allemand et le contexte européen La décision allemande intervient dans un contexte de reprise des hostilités au Moyen-Orient, qui a entraîné une volatilité accrue des cours du pétrole. Dimanche 20 septembre, le gazole a atteint en France son plus haut niveau historique, à 2,41 euros le litre en moyenne, selon les données relayées par Le Figaro. Face à cette situation, les gouvernements européens ont tous ouvert la caisse à outils, comme le résume le quotidien : bloquer les prix, aider les routiers, rogner la TVA, supprimer les certificats d'économie d'énergie ou raboter les accises. Berlin a ainsi annoncé un rabais fiscal de 17 centimes par litre à partir du 1er octobre, pour un coût total estimé à 2,5 milliards d'euros. En parallèle, le gouvernement allemand a déclaré mener des discussions avec l'industrie pétrolière avec pour objectif d'introduire, au plus tard le 1er janvier 2027, un plafonnement du prix du carburant sur le modèle du Luxembourg ou de la Belgique. ## Des limites structurelles à prendre en compte Si le modèle belgo-luxembourgeois séduit par sa simplicité apparente, son efficacité dépendrait largement du contexte dans lequel il est appliqué. En effet, un plafonnement isolé dans un seul pays pourrait se heurter à des effets de contournement, les automobilistes traversant les frontières pour s'approvisionner là où les prix restent libres, ou inversement, les distributeurs réduisant leurs marges jusqu'à menacer leur rentabilité. Par ailleurs, la question de l'articulation entre plafonnement et fiscalité reste centrale. En Belgique comme au Luxembourg, le dispositif coexiste avec des niveaux d'accises et de TVA spécifiques, qui influencent directement le prix final. Toute transposition en Allemagne supposerait donc d'adapter l'ensemble de l'architecture fiscale, ce qui pourrait s'avérer complexe dans un pays où les compétences en matière énergétique sont partagées entre le Bund et les Länder. ## Une perspective encore incertaine À ce stade, aucune décision définitive n'a été annoncée par Berlin, les discussions avec l'industrie pétrolière semblant devoir se poursuivre dans les mois à venir. Le calendrier évoqué — au plus tard le 1er janvier 2027 — laisse entrevoir une marge de négociation substantielle, d'autant plus que l'évolution des cours mondiaux du pétrole pourrait modifier les priorités gouvernementales. La question demeure donc ouverte : le modèle belgo-luxembourgeois constituera-t-il une réponse durable à la volatilité des prix, ou un palliatif temporaire dans l'attente d'une stabilisation des marchés ?