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Piratage du fisc : les cybercriminels affirment avoir vendu les données dérobées

Une · · Par Claire BERNARD

Piratage du fisc : les cybercriminels affirment avoir vendu les données dérobées

Le piratage des données fiscales françaises prend une nouvelle dimension. ZeroBytes, le groupe de cybercriminels revendiquant le vol de données de dizaines de m

Le piratage des données fiscales françaises prend une nouvelle dimension. ZeroBytes, le groupe de cybercriminels revendiquant le vol de données de dizaines de milliers de contribuables, affirme avoir déjà cédé les fichiers dérobés à des acquéreurs, selon des informations rapportées par Le Figaro et l’AFP. Ces déclarations, invérifiables à ce stade, interviennent alors que le gouvernement tient une réunion de crise pour endiguer les conséquences de cette fuite massive. ### Des données déjà cédées à des acheteurs anonymes Selon les déclarations du groupe ZeroBytes, recueillies par l’AFP sur la messagerie cryptée Telegram, les données volées auraient été vendues à « deux personnes » pour une somme se chiffrant en « milliers d’euros ». Les cybercriminels, qui se présentent comme un duo de pirates français, refusent toutefois de fournir davantage de précisions sur l’identité des acheteurs. Ils indiquent par ailleurs que « les données sont toujours en vente », une même base pouvant être copiée et cédée à plusieurs clients, ce qui pourrait multiplier les risques d’usages frauduleux. Ces affirmations, rapportées le lundi 17 août 2026, n’ont pu être vérifiées de manière indépendante. Toutefois, leur crédibilité s’appuie sur la méthode employée : les coordonnées du groupe ont été publiées sur un forum du dark web spécialisé dans la vente de données volées, un canal habituel pour ce type de transactions illicites. Interrogé sur ses motivations, le duo assure ne pas avoir de « motivations précises », évoquant simplement « l’argent, j’imagine ». ### Une attaque d’ampleur contre la DGFiP La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé le 14 août deux intrusions distinctes, survenues fin juin et fin juillet. Ces brèches ont exposé les données personnelles de dizaines de milliers de contribuables, incluant potentiellement des informations sensibles telles que les revenus, les adresses ou les numéros fiscaux. L’ampleur exacte de la fuite n’a pas encore été officiellement communiquée, mais les autorités ont déclenché une cellule de crise pour coordonner la réponse. Le choix de la période est particulièrement préoccupant : les intrusions ont eu lieu pendant l’été, une période où les équipes de sécurité informatique sont souvent réduites, et où la surveillance des systèmes critiques pourrait être moindre. Selon des sources proches du dossier, les investigations techniques sont en cours pour déterminer les vecteurs d’attaque utilisés, qu’il s’agisse de campagnes de phishing ciblées, d’exploitation de failles connues ou de compromission de comptes internes. ### Un marché noir florissant pour les données personnelles La vente de données volées sur le dark web constitue un phénomène en expansion constante. Les fichiers fiscaux, en particulier, représentent une valeur marchande élevée en raison de leur richesse informationnelle : ils permettent notamment d’usurper l’identité des victimes pour contracter des crédits, ouvrir des comptes bancaires ou monter des fraudes aux prestations sociales. Le fait que ZeroBytes affirme pouvoir vendre la même base à plusieurs clients sans limitation suggère une stratégie de maximisation des profits, chaque copie étant cédée indépendamment. Cette affaire rappelle des précédents similaires dans d’autres administrations européennes, où des données fiscales avaient été dérobées puis revendues sur des places de marché illicites. Toutefois, la rapidité avec laquelle les cybercriminels affirment avoir trouvé preneurs — quelques semaines seulement après l’intrusion — témoigne de la maturité de cet écosystème criminel et de la demande soutenue pour ce type de données. ### Une réponse institutionnelle sous pression Face à cette situation, le gouvernement a convoqué une réunion de crise, dont les conclusions n’ont pas encore été rendues publiques. Les autorités devraient prochainement préciser les mesures d’accompagnement proposées aux contribuables concernés, notamment en matière de surveillance de leurs comptes bancaires ou de dispositifs d’alerte en cas d’utilisation frauduleuse de leurs données. La DGFiP a par ailleurs annoncé le renforcement temporaire de ses protocoles de sécurité, sans toutefois en détailler la teneur. Le volet judiciaire de l’affaire est également en cours. Une enquête préliminaire aurait été ouverte, confiée à la section cybercriminalité du parquet de Paris, selon des informations rapportées par plusieurs médias. Les investigations porteront notamment sur l’identification des deux pirates présumés, qui se présentent comme Français, ainsi que sur la traçabilité des transactions effectuées sur le dark web. Les échanges sur Telegram pourraient fournir des éléments techniques exploitables, bien que les cybercriminels utilisent fréquemment des outils d’anonymisation sophistiqués. Alors que les données dérobées circulent potentiellement entre plusieurs mains, la question de l’indemnisation et de la protection des victimes reste entière. Les contribuables concernés devraient être informés individuellement par courrier ou via leur espace personnel en ligne, selon un calendrier qui n’a pas été précisé. L’affaire soulève également des interrogations plus larges sur la cybersécurité des administrations publiques françaises, régulièrement ciblées par des groupes criminels aux motivations variées.