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Pierre Vermeren : « Avec l’Algérie, Emmanuel Macron a décidé de faire des concessions unilatérales face à un régime inflexible »

Une · · Par Claire BERNARD

Pierre Vermeren : « Avec l’Algérie, Emmanuel Macron a décidé de faire des concessions unilatérales face à un régime inflexible »

# Pierre Vermeren : « Avec l'Algérie, Emmanuel Macron a décidé de faire des concessions unilatérales face à un régime inflexible » L'ambassadeur de France en Al

# Pierre Vermeren : « Avec l'Algérie, Emmanuel Macron a décidé de faire des concessions unilatérales face à un régime inflexible » L'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a récemment indiqué souhaiter que l'État français délivre de nouveau 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, selon un entretien accordé au média algérien TSA le 15 juillet. Cette annonce, qui intervient dans un contexte de relations bilatérales toujours tendues, suscite des interrogations quant à la stratégie diplomatique de l'exécutif français. ## Une décision présidentielle contestée Selon Pierre Vermeren, professeur d'histoire contemporaine du Maghreb et du Moyen-Orient à la Sorbonne, interrogé par Le Figaro, cette orientation ne relèverait pas d'une initiative de l'ambassadeur mais bien d'une décision directe d'Emmanuel Macron. « L'ambassadeur n'est que l'interprète de la volonté du président », analyse l'historien, qui perçoit dans cette mesure « des concessions unilatérales face à un régime inflexible ». Cette position marquerait un revirement significatif par rapport à la politique menée en 2021, lorsque le nombre de visas accordés aux Algériens avait été réduit de moitié. Après cinq ans d'atermoiements, le chef de l'État semblerait vouloir apaiser les tensions, sans pour autant obtenir de garanties en retour de la part des autorités algériennes. ## Un contexte diplomatique tendu Les relations franco-algériennes demeurent marquées par plusieurs contentieux, notamment la question mémorielle et le traitement réservé aux ressortissants français. L'emprisonnement d'un journaliste français en Algérie, évoqué dans l'entretien, illustrerait selon Pierre Vermeren la persistance d'un climat de défiance. L'historien, auteur de l'ouvrage « France-Algérie. De 1962 à nos jours. Histoire d'une relation pathologique » (Tallandier, mars 2025), estime que cette décision intervient dans un calendrier politique particulier. Emmanuel Macron, qui ne souhaiterait pas terminer son quinquennat sur un échec diplomatique, ferait le choix de l'apaisement malgré un rapport de force défavorable. ## Des implications en matière de sécurité La question des visas s'inscrit également dans le débat plus large sur les obligations de quitter le territoire français (OQTF). Alors que le gouvernement français cherche à renforcer l'efficacité des mesures d'éloignement, l'augmentation des flux migratoires légaux pourrait, selon certains observateurs, compliquer la gestion des situations irrégulières. Les autorités algériennes, de leur côté, n'auraient pas formulé d'engagements clairs concernant la réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière. Ce déséquilibre potentiel alimente les critiques d'une partie de la classe politique française, qui dénonce une approche trop conciliante. ## Une stratégie aux résultats incertains L'initiative française pourrait toutefois ouvrir la voie à une normalisation progressive des relations bilatérales, dans des domaines aussi variés que la coopération économique, la lutte antiterroriste ou la gestion des flux migratoires. Reste à savoir si les autorités algériennes saisiront cette opportunité pour assouplir leur position sur les dossiers sensibles. Pierre Vermeren met en garde contre le risque d'un déséquilibre persistant : « Face à un régime qui ne cède rien, la France pourrait se retrouver affaiblie sans avoir obtenu de contreparties tangibles ». Les prochains mois permettront d'observer si cette stratégie d'apaisement portera ses fruits ou si elle renforcera, au contraire, les positions algériennes dans les négociations à venir.