Pierre Lellouche : « La République islamique d’Iran sort de cette guerre renforcée et plus revancharde que jamais »

# Pierre Lellouche : « La République islamique d’Iran sort de cette guerre renforcée et plus revancharde que jamais » Dans une tribune publiée par Le Figaro le
# Pierre Lellouche : « La République islamique d’Iran sort de cette guerre renforcée et plus revancharde que jamais »
Dans une tribune publiée par *Le Figaro* le 15 juin 2026, l'ancien ministre Pierre Lellouche dresse un constat alarmant sur l'issue du conflit opposant les États-Unis à l'Iran. Selon lui, loin d'avoir affaibli le régime des mollahs, cette guerre aurait paradoxalement renforcé sa position régionale et nourri ses ambitions revanchardes.
## Un échec stratégique américain
Pierre Lellouche analyse les trois mois et demi de conflit comme un véritable « cauchemar stratégique » pour l'Administration Trump. Alors que le président américain avait promis une « capitulation sans condition de l'Iran », l'accord annoncé dimanche dernier serait, selon l'ancien ministre, un « mauvais accord » dont l'Occident « n'a pas fini de payer les conséquences ». Cette situation rappellerait les pires heures de la présidence de Jimmy Carter, lorsque l'échec de la libération des otages de l'ambassade américaine à Téhéran avait marqué un tournant dans l'histoire diplomatique des États-Unis.
D'après les informations rapportées par *Le Figaro*, Lellouche établit un parallèle frappant avec « un long supplice persan de 444 jours », où, comme aujourd'hui, les dirigeants de la jeune République islamique semblaient « jouer au chat et à la souris avec une Administration américaine brouillonne et dépassée par les événements ». Cette comparaison historique soulignerait la récurrence d'un schéma où Téhéran parvient à retourner les rapports de force à son avantage.
## Une domination régionale renforcée
Convaincue d'avoir déjà vaincu « la première puissance militaire du monde et son allié israélien », la République islamique d'Iran sortirait de cette guerre en « position de domination absolue dans la région », estime Pierre Lellouche. Cette perception de victoire, qu'elle soit réelle ou construite par la propagande du régime, pourrait avoir des conséquences majeures sur l'équilibre géopolitique du Moyen-Orient.
L'ancien ministre, auteur du dernier ouvrage *Engrenages. La guerre d'Ukraine et le basculement du monde* (Éditions Odile Jacob, 2024), suggère que Téhéran exploiterait ce qu'il perçoit comme une faiblesse américaine pour consolider son influence au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak. Les milices alliées à l'Iran, déjà actives sur plusieurs fronts, pourraient voir dans cette issue un encouragement à poursuivre leurs actions déstabilisatrices.
## Des conséquences durables pour l'Occident
Selon les analyses de Pierre Lellouche, l'Occident devrait se préparer à faire face à un Iran « plus revancharde que jamais ». Le régime des mollahs pourrait chercher à capitaliser sur ce qu'il présente comme une victoire historique pour accélérer son programme nucléaire, renforcer ses capacités balistiques et intensifier son soutien aux mouvements hostiles aux intérêts américains et israéliens.
Cette tribune intervient dans un contexte où les questions de sécurité régionale demeurent particulièrement sensibles. Si les termes précis de l'accord conclu entre Washington et Téhéran n'ont pas été intégralement dévoilés, les observateurs s'interrogent déjà sur sa capacité à garantir une stabilité durable. L'analyse de Pierre Lellouche, nourrie par son expérience d'ancien ministre et de diplomate, invite à une réflexion approfondie sur les équilibres stratégiques au Moyen-Orient et sur la manière dont les démocraties occidentales pourraient répondre à ce nouveau rapport de force régional.