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Pierre-André de Chalendar (Institut de l’Entreprise) : Vers une nouvelle réindustrialisation ? - 02/07

Economie · · Par Julie MOREAU

Pierre-André de Chalendar (Institut de l’Entreprise) : Vers une nouvelle réindustrialisation ? - 02/07

# Pierre-André de Chalendar (Institut de l’Entreprise) : Vers une nouvelle réindustrialisation ? La réindustrialisation de la France est-elle en train de deveni

# Pierre-André de Chalendar (Institut de l’Entreprise) : Vers une nouvelle réindustrialisation ? La réindustrialisation de la France est-elle en train de devenir une réalité tangible ? Invité sur BFM Business le 2 juillet, Pierre-André de Chalendar, président de l’Institut de l’Entreprise, a livré son analyse sur les perspectives de renaissance industrielle dans l’Hexagone, un sujet qui cristallise les attentes économiques et politiques depuis plusieurs années. ## Un contexte favorable mais fragile Pierre-André de Chalendar a souligné que la dynamique actuelle repose sur plusieurs facteurs convergents, notamment la prise de conscience collective après les crises sanitaires et géopolitiques. Selon lui, la pandémie de Covid-19 a révélé la dépendance excessive de la France vis-à-vis de chaînes d’approvisionnement étrangères, tandis que la guerre en Ukraine a accentué la nécessité de souveraineté industrielle. L’ancien dirigeant de Saint-Gobain estime que les pouvoirs publics ont, depuis, multiplié les initiatives pour attirer les investissements, à l’image du plan France 2030, doté de 54 milliards d’euros. Toutefois, il a nuancé ce constat en rappelant que la réindustrialisation ne se décrète pas : elle nécessite un écosystème favorable, incluant une fiscalité compétitive, une main-d’œuvre qualifiée et une énergie abordable. Le président de l’Institut de l’Entreprise a également insisté sur le rôle clé des entreprises elles-mêmes, qui doivent innover et se réinventer pour rester compétitives face à la concurrence internationale. ## Les freins structurels persistent Malgré ces avancées, Pierre-André de Chalendar a identifié plusieurs obstacles majeurs qui pourraient freiner la réindustrialisation. Le premier concerne le coût de l’énergie, qui reste élevé en France par rapport à d’autres pays, notamment les États-Unis ou la Chine. Il a également pointé du doigt la complexité administrative et les délais d’obtention des permis, qui découragent certains investisseurs. Par ailleurs, la question du foncier disponible et de la reconversion des friches industrielles demeure un défi de taille. Le président de l’Institut de l’Entreprise a évoqué la nécessité de former davantage de techniciens et d’ingénieurs, alors que les pénuries de main-d’œuvre se font sentir dans des secteurs clés comme la métallurgie, l’électronique ou la chimie. Selon lui, la réindustrialisation ne pourra réussir sans un effort massif de formation et d’attractivité des métiers industriels auprès des jeunes générations. ## Des signaux encourageants dans certains secteurs Néanmoins, Pierre-André de Chalendar a relevé plusieurs signaux positifs qui témoignent d’un regain d’intérêt pour l’industrie française. Il a notamment cité les investissements dans les batteries électriques, l’hydrogène vert et la semi-conducteurs, des secteurs où la France dispose d’atouts compétitifs. L’exemple de l’entreprise Equans, filiale de Bouygues, a été mentionné comme un cas de réussite dans le domaine de la transition énergétique. Le président de l’Institut de l’Entreprise a également salué l’initiative du Slip Français, qui prévoit son entrée en bourse le 14 juillet, illustrant la capacité des PME industrielles à se financer et à se développer. Pour lui, ces exemples montrent que la réindustrialisation est possible, à condition de conjuguer volonté politique, innovation entrepreneuriale et soutien financier. ## Une perspective nuancée pour l’avenir En conclusion, Pierre-André de Chalendar a estimé que la France se trouve à un tournant décisif pour sa réindustrialisation. Si les conditions semblent réunies pour amorcer un mouvement durable, il a mis en garde contre un excès d’optimisme. La réussite de ce pari dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à surmonter les obstacles structurels et à maintenir le cap sur le long terme. Le président de l’Institut de l’Entreprise a appelé à une mobilisation collective, soulignant que la réindustrialisation n’est pas seulement un enjeu économique, mais aussi un impératif de souveraineté et de cohésion sociale. Les prochains mois seront décisifs pour juger de la concrétisation de cette ambition, alors que les débats sur la politique industrielle continuent d’animer la scène économique française.