Peut-on vraiment se baigner en toute sécurité dans le canal Saint-Martin ? Le Figaro a fait analyser l’eau par des scientifiques indépendants

Canal Saint-Martin : le test du Figaro révèle une eau de baignade de bonne qualité, mais des précautions restent nécessaires Alors que des milliers de Parisiens
Canal Saint-Martin : le test du Figaro révèle une eau de baignade de bonne qualité, mais des précautions restent nécessaires
Alors que des milliers de Parisiens et de touristes se pressent chaque jour dans les eaux du canal Saint-Martin depuis son ouverture anticipée à la baignade le 17 juin 2026, la question de la sécurité sanitaire de ce site emblématique demeure au cœur des préoccupations. Pour lever tout doute, Le Figaro a missionné la société indépendante Fluidion afin d’analyser la concentration de bactéries dans l’eau, un test dont les résultats viennent d’être dévoilés.
Un contrôle indépendant pour évaluer la qualité de l’eau
Selon un article d’Adrien Bez publié le 3 juillet 2026 dans Le Figaro, le quotidien a effectué un test de contrôle de la qualité de l’eau du canal Saint-Martin le mercredi 1er juillet, en collaboration avec la start-up Fluidion, spécialisée dans la mesure de la qualité de l’eau. Cette initiative intervient alors que la ville de Paris, par la voix de Pierre Lombard, adjoint au maire chargé de la propreté et de l’assainissement, affirme que la baignade est « entièrement sécurisée ». La municipalité justifie cette confiance par des contrôles hebdomadaires effectués par la société publique Eau de Paris, et par la validation de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, qui a accordé une dérogation pour une ouverture anticipée au 17 juin, en raison d’une vague de chaleur inédite.
Des résultats rassurants mais des recommandations précises
Les analyses réalisées par Fluidion, dont les résultats sont rapportés par Le Figaro, indiqueraient que la concentration de bactéries dans l’eau du canal Saint-Martin se situerait dans des seuils acceptables pour la baignade. Toutefois, les experts consultés par le journal recommandent certaines précautions élémentaires. Il est ainsi conseillé de prendre une douche au savon avant et après la baignade, et d’éviter de se baigner en cas de plaie, d’irritation cutanée ou d’égratignure. Ces mesures, bien que simples, visent à minimiser les risques d’infection ou de réaction cutanée, même en présence d’une eau jugée de bonne qualité. Le Figaro précise que ces résultats sont issus d’un test ponctuel et ne sauraient se substituer aux contrôles réguliers menés par les autorités.
Un contexte de canicule et de précipitation politique
L’ouverture anticipée du canal Saint-Martin, initialement prévue pour le 4 juillet, a été avancée au 17 juin 2026, une décision motivée par une « vague de chaleur inédite » ayant frappé la capitale. Cette mesure, validée par l’ARS à titre dérogatoire, a été présentée par la municipalité comme une réponse aux besoins de rafraîchissement des Parisiens. Cependant, certains observateurs s’interrogent sur la précipitation de cette ouverture, d’autant plus que le canal Saint-Martin est un site historiquement exposé à des pollutions ponctuelles, notamment liées aux rejets urbains. La ville de Paris, de son côté, assure que les données de qualité de l’eau sur les dix dernières années sont irréprochables, un argument que les tests indépendants du Figaro viennent en partie étayer, tout en rappelant la nécessité d’une vigilance continue.
Vers une baignade urbaine durable ?
Les résultats de l’analyse du Figaro, bien que rassurants, ne dissipent pas totalement les interrogations sur la pérennité de la baignade dans le canal Saint-Martin. La qualité de l’eau, dépendante des conditions météorologiques et des infrastructures d’assainissement, pourrait varier. La municipalité parisienne, qui ambitionne de faire de la baignade dans la Seine et ses affluents un marqueur de son action écologique, devra maintenir des contrôles rigoureux pour garantir la sécurité des baigneurs. L’expérience du canal Saint-Martin, ouverte sous le signe de l’urgence climatique, pourrait servir de test grandeur nature pour des projets plus vastes de baignade urbaine. Pour l’heure, les Parisiens peuvent profiter de ce site, mais avec la conscience des précautions nécessaires, comme le rappellent les scientifiques indépendants sollicités par Le Figaro.