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Permis de construire octroyés dans un délai d'un mois: "On espère vraiment que ça va accélérer le processus", confie Matthieu, sinistré du Porge

Economie · · Par Julie MOREAU

Permis de construire octroyés dans un délai d'un mois:

Les promesses de reconstruction avancent à un rythme soutenu. Alors que les incendies de l'été 2022 ont ravagé des milliers d'hectares en Gironde et dans les La

Les promesses de reconstruction avancent à un rythme soutenu. Alors que les incendies de l'été 2022 ont ravagé des milliers d'hectares en Gironde et dans les Landes, le gouvernement a annoncé une mesure phare : la délivrance des permis de construire pour les reconstructions en équivalence sous un délai d'un mois. Une annonce qui suscite un espoir mesuré chez les sinistrés, à l'image de Matthieu, résident du Porge, qui confie à BFM Business : « On espère vraiment que ça va accélérer le processus ». ### Une procédure accélérée pour les reconstructions à l'identique La mesure, détaillée par Sébastien Lecornu, alors ministre de la Transition écologique, vise à simplifier les démarches administratives pour les victimes d'incendies. Concrètement, pour les reconstructions dites « en équivalence » — c'est-à-dire à l'identique ou avec des modifications mineures —, les permis de construire devraient être octroyés sous un mois. Ce délai, exceptionnellement court au regard des normes habituelles qui peuvent s'étendre sur plusieurs mois, a pour objectif de répondre à l'urgence de la situation. « Pour les reconstructions en équivalence, on va faire en sorte que les permis de construire puissent être délivrés sous un délai d'un mois », a précisé le ministre lors d'une intervention relayée par la chaîne d'information économique. Cette annonce s'inscrit dans un plan plus large d'aides aux communes touchées. Sébastien Lecornu a également évoqué une enveloppe de « 12 millions d'euros pour les Landes et la Gironde », destinée à soutenir les collectivités locales dans leurs efforts de réhabilitation. Selon le ministre, les sommes mobilisées pourraient « très vite atteindre des montants qui peuvent aller au-delà de 100 millions d'euros » si l'on additionne l'ensemble des dispositifs, incluant les indemnisations des particuliers et les travaux d'infrastructure. ### L'attente des sinistrés face à des procédures complexes Pour les habitants du Porge, petite commune girondine durement touchée par les flammes, cette promesse de délai réduit représente un signal fort. Matthieu, sinistré, exprime un sentiment partagé entre soulagement et prudence. « On espère vraiment que ça va accélérer le processus », confie-t-il, témoignant de la lassitude des victimes face aux lenteurs administratives post-catastrophe. Les démarches de reconstruction, souvent perçues comme un parcours du combattant, sont d'autant plus éprouvantes que les sinistrés doivent gérer simultanément les questions d'assurance, de relogement et de financement. Les annonces gouvernementales s'accompagnent d'un avertissement ferme aux assureurs. Sébastien Lecornu a explicitement prévenu que les compagnies qui « ne joueront pas le jeu » s'exposeraient à des sanctions. Une mise en garde qui intervient alors que de nombreux sinistrés dénoncent des retards d'indemnisation et des évaluations jugées insuffisantes. « Les personnes seront indemnisées à hauteur de leur contrat », a rappelé Stéphanie Duraffourd, porte-parole d'Assurland.com, tentant de rassurer les victimes tout en rappelant les limites contractuelles. ### Un dispositif sous haute surveillance La question de la transparence reste également au cœur des préoccupations. Le ministre a martelé que « nous n'avons rien à cacher sur le déroulé des opérations », en réponse aux critiques sur la gestion des moyens aériens de lutte contre les incendies. Laurent Nuñez, préfet de police, a lui aussi réaffirmé que les moyens aériens étaient « suffisants », malgré les doutes exprimés par certains élus locaux et habitants. Au-delà de la rapidité administrative, c'est la question de la cohérence globale du dispositif qui se pose. Les aides annoncées, bien que substantielles, devront être déployées efficacement pour répondre aux besoins concrets des territoires. Les communes sinistrées, comme Le Porge, attendent désormais des actes concrets, et non de simples déclarations d'intention. La promesse d'un permis de construire en un mois, si elle se concrétise, pourrait constituer un précédent significatif pour la gestion des catastrophes naturelles en France, où la lourdeur bureaucratique est souvent pointée du doigt dans les moments de crise. Le calendrier de mise en œuvre de ces mesures reste à préciser, mais l'échéance est claire : les sinistrés, épuisés par des mois d'incertitude, veulent des résultats rapides et tangibles. La mobilisation des services de l'État et des collectivités sera déterminante pour transformer ces annonces en réalité sur le terrain.