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Pendant que la dette française s'élève à plus de 117% du PIB, celle de l'Espagne est passée sous la barre des 100% en juillet (elle culminait à 124% en mars 2021)

Economie · · Par Julie MOREAU

Pendant que la dette française s'élève à plus de 117% du PIB, celle de l'Espagne est passée sous la barre des 100% en juillet (elle culminait à 124% en mars 2021)

## Dette publique : l'Espagne repasse sous les 100% du PIB, la France reste à 117,5% L'Espagne a franchi un seuil symbolique. Selon les données publiées jeudi p

## Dette publique : l'Espagne repasse sous les 100% du PIB, la France reste à 117,5% L'Espagne a franchi un seuil symbolique. Selon les données publiées jeudi par la Banque d'Espagne, la dette publique espagnole est passée sous la barre des 100% du produit intérieur brut en juillet, une première depuis février 2020, avant la pandémie de Covid-19. En volume, le solde de la dette de l'ensemble des administrations publiques s'est établi à 1 744 milliards d'euros, à 99,9% du PIB, soit 2,4 points de pourcentage de moins qu'à la même période un an plus tôt. Un contraste saisissant avec la trajectoire française, dont la dette dépasse toujours largement les 117% du PIB. ## Une décrue amorcée depuis 2021 Le chemin parcouru est considérable. La dette espagnole avait culminé à 124,2% du PIB en mars 2021, sous l'effet de l'explosion des dépenses publiques liée à la crise sanitaire. Depuis, la tendance est durablement orientée à la baisse, portée par la vigueur de l'économie ibérique. Le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez s'était fixé comme objectif de repasser sous le seuil des 100% avant la fin de l'année : l'objectif est atteint avec plusieurs mois d'avance, selon l'institution monétaire basée à Madrid. ## Une croissance portée par le tourisme et la consommation Cette performance budgétaire repose sur une dynamique économique robuste. Au deuxième trimestre, le PIB espagnol a progressé de 0,7%, soit près du double de la croissance enregistrée dans la zone euro, malgré les répercussions économiques des hostilités au Moyen-Orient et l'accélération de l'inflation. Cette dernière a grimpé à 4,3% en août, tirée par l'explosion des prix du carburant, selon l'Institut national de la statistique (INE). La manne du tourisme, la consommation des ménages et les investissements étrangers constituent les principaux moteurs de cette résilience, qui permet mécaniquement de faire baisser le ratio de dette rapporté au PIB. ## La France, lanterne rouge de la zone euro À l'inverse, la situation française reste préoccupante. La dette publique représente 117,5% du produit intérieur brut, soit 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026. Il s'agit de la dette la plus importante de la zone euro en part de PIB derrière la Grèce et l'Italie. Cet écart croissant entre Madrid et Paris illustre deux trajectoires budgétaires divergentes : là où l'Espagne profite d'une croissance supérieure à la moyenne européenne pour réduire son endettement, la France peine à enclencher une décrue significative. ## Un enjeu de crédibilité budgétaire Le franchissement de ce seuil par l'Espagne pourrait peser sur les discussions budgétaires européennes, alors que les règles du Pacte de stabilité imposent aux États membres de ramener leur dette sous 60% du PIB à moyen terme. Si Madrid n'est pas encore à ce niveau, la direction prise renforce sa crédibilité auprès des marchés et des institutions européennes. Pour la France, dont la dette continue de croître en volume, la question du rythme de consolidation budgétaire reste entière.