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Pékin demande à Washington de "cesser de se préparer à une guerre dans l'espace": les États-Unis confirment pour la première fois qu'ils disposent d'armes déployées en orbite

Economie · · Par Julie MOREAU

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## Pékin presse Washington de renoncer à la militarisation de l'orbite La Chine a demandé lundi aux États-Unis de « cesser de se préparer à une guerre dans l'es

## Pékin presse Washington de renoncer à la militarisation de l'orbite La Chine a demandé lundi aux États-Unis de « cesser de se préparer à une guerre dans l'espace », après que l'US Space Force a confirmé, pour la première fois, que Washington disposait d'armes déployées en orbite. Cette reconnaissance officielle marque un tournant dans la course à la militarisation spatiale, selon plusieurs observateurs. ## Une confirmation inédite de l'US Space Force C'est Troy Meink, responsable au sein de l'armée de l'Air américaine, qui a levé le voile lors d'une conférence de l'Air & Space Forces Association dans le Maryland. « Les États-Unis disposent de systèmes de contrôle spatial armés en orbite capables de défendre la force interarmées contre des actions hostiles d'adversaires », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par BFM Business. Il n'a toutefois pas précisé la nature exacte de ces systèmes, invoquant un objectif de « dissuasion ». Impossible donc de savoir s'il s'agit d'armes cinétiques — physiquement destructrices — ou non cinétiques, comme des brouilleurs. ## L'analyse de l'IFRI : « une première » Interrogé par BFM Business, Paul Wohrer, responsable du programme Espace à l'Institut français des relations internationales (IFRI), juge l'annonce « surprenante ». « Il est très difficile de voir ce qui se cache derrière cette annonce », admet-il. Selon lui, en cas de conflit dans l'espace, « les États-Unis ont le plus à perdre, c'est le pays qui a les plus grandes capacités spatiales, avec un appareil de défense qui en est très dépendant ». Le chercheur souligne que le déploiement d'armes en orbite « n'est pas une surprise » en soi. « Ce qui l'est, c'est que ce soit officiellement admis », précise-t-il, qualifiant cette déclaration de « première ». ## Une ambiguïté entretenue autour des capacités réelles Paul Wohrer pointe « l'ambiguïté » américaine autour des systèmes déployés, qui alimente les spéculations sur la présence d'armes cinétiques ou de simples moyens de brouillage. Cette opacité assumée relève d'une stratégie de dissuasion classique : ne pas révéler ses capacités pour maintenir l'incertitude chez l'adversaire. Elle complique toutefois l'évaluation des équilibres stratégiques en orbite, alors que plusieurs puissances — États-Unis, Chine, Russie — développent depuis des années des technologies duales, civiles et militaires. ## Une dynamique de fond depuis les années 2000 « La conception de l'espace comme espace de conflit connaît une dynamique depuis le début des années 2000 », observe le chercheur de l'IFRI. Il rappelle que « le projet de "Golden Dome" comporte un volet spatial ». Cette initiative lancée par Donald Trump s'inscrit dans une logique de défense antimissile intégrant des composants orbitaux. La confirmation américaine intervient dans ce contexte de montée en puissance des programmes spatiaux militaires, où l'orbite basse devient un terrain d'affrontement stratégique autant qu'un enjeu de souveraineté technologique. La demande chinoise, formulée publiquement, traduit moins une volonté de désescalade qu'une bataille de communication : Pékin cherche à se positionner en défenseur du traité de 1967 sur l'espace extra-atmosphérique, qui interdit le stationnement d'armes de destruction massive en orbite mais reste silencieux sur les armes conventionnelles. L'absence de cadre juridique actualisé laisse donc chaque puissance libre d'interpréter ses obligations — et d'avancer ses pions.