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«Pas loin de l’Union soviétique»: le revenu mondial à 5000 euros de Thomas Piketty suscite de sérieux doutes chez les économistes

Une · · Par Claire BERNARD

«Pas loin de l’Union soviétique»: le revenu mondial à 5000 euros de Thomas Piketty suscite de sérieux doutes chez les économistes

# Revenu mondial à 5000 euros : la proposition de Thomas Piketty vivement critiquée par les économistes Dans un rapport publié ce jeudi 4 juin 2026, Thomas Pike

# Revenu mondial à 5000 euros : la proposition de Thomas Piketty vivement critiquée par les économistes Dans un rapport publié ce jeudi 4 juin 2026, Thomas Piketty et un collectif d'économistes du Laboratoire sur les inégalités mondiales proposent de faire converger les revenus nationaux mensuels par habitant à 5000 euros dans l'ensemble des pays du monde d'ici à 2100. Une mesure radicale qui, selon plusieurs économistes interrogés par Le Figaro, s'apparenterait à un modèle «pas loin de l'Union soviétique». ## Une proposition ambitieuse mais contestée Selon des informations rapportées par Le Figaro, le directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) a présenté ce jeudi, à l'ouverture de la conférence mondiale sur les inégalités, «une nouvelle vision du progrès mondial au XXIe siècle». Ce plan de marche, élaboré avec un collectif d'économistes, viserait à assurer l'égalité et la prospérité tout en respectant les limites planétaires. La mesure phare consisterait à fixer un revenu national mensuel par habitant à 5000 euros pour l'ensemble des pays, d'ici la fin du siècle. Toutefois, cette proposition suscite de sérieux doutes dans la communauté économique. Selon Le Figaro, plusieurs experts estiment que cette convergence des revenus à un niveau unique et uniforme ignorerait les réalités économiques, culturelles et structurelles propres à chaque pays. La comparaison avec le modèle soviétique, évoquée par certains économistes, renverrait à une vision centralisée et planifiée de l'économie, jugée incompatible avec les mécanismes de marché. ## Des interrogations sur la faisabilité opérationnelle La mise en œuvre opérationnelle de cette proposition ne convaincrait pas vraiment les spécialistes. D'après des sources économiques citées par Le Figaro, atteindre un tel objectif nécessiterait des transferts massifs de richesses entre pays développés et pays en développement, ainsi qu'une refonte complète des systèmes fiscaux internationaux. Les économistes pointent également l'absence de mécanismes concrets pour contraindre les nations à respecter cet objectif, dans un contexte où les intérêts nationaux divergent fortement. Par ailleurs, la question du financement de cette convergence soulèverait des interrogations majeures. Selon des estimations non confirmées, le coût d'une telle politique représenterait plusieurs milliers de milliards d'euros par an, soit l'équivalent de plusieurs fois le produit intérieur brut mondial actuel. Les économistes sceptiques estiment que ce plan de marche manquerait de réalisme budgétaire et économique. ## Un débat qui divise la communauté scientifique Cette proposition intervient dans un contexte où les inégalités mondiales constituent un sujet de préoccupation croissante. Thomas Piketty, figure reconnue de l'économie des inégalités, défend depuis plusieurs années des politiques de redistribution ambitieuses. Cependant, la radicalité de cette nouvelle proposition semblerait diviser la communauté scientifique. Selon Le Figaro, certains économistes progressistes salueraient l'ambition du projet tout en exprimant des réserves sur sa faisabilité technique. D'autres, plus conservateurs, jugeraient cette approche contre-productive, estimant qu'elle pourrait décourager l'innovation et la croissance économique dans les pays les plus dynamiques. Le débat promet d'être vif dans les semaines à venir, alors que la conférence mondiale sur les inégalités se poursuit. ## Vers une refonte du système économique mondial ? Au-delà des critiques, cette proposition de Thomas Piketty relance le débat sur la nécessité de repenser les mécanismes de redistribution à l'échelle planétaire. Selon des sources proches du Laboratoire sur les inégalités mondiales, ce rapport s'inscrirait dans une réflexion plus large sur les limites du capitalisme contemporain face aux défis climatiques et sociaux. Les économistes du collectif défendraient l'idée que seule une transformation radicale du système économique permettrait de concilier justice sociale et durabilité environnementale. Toutefois, les sceptiques estiment que cette approche uniformisante risquerait d'ignorer les spécificités locales et les trajectoires de développement propres à chaque nation. Le débat sur le revenu mondial à 5000 euros ne fait que commencer, et ses implications pourraient redéfinir les contours de la pensée économique pour les décennies à venir.