Pas forcément plus innovant ou plus rapide, pour les Français, le train du futur doit avant-tout être plus humain et même vintage

## Le train du futur vu par les Français : plus humain que high-tech À l'occasion des dix ans de la plateforme Trainline, une étude réalisée par l'Ifop dessine
## Le train du futur vu par les Français : plus humain que high-tech
À l'occasion des dix ans de la plateforme Trainline, une étude réalisée par l'Ifop dessine un portrait inattendu du train tel que les Français l'imaginent demain. Loin des fantasmes de hyperloop ou de TGV supersonique, les voyageurs interrogés réclament avant tout un transport plus chaleureux, plus humain, et même teinté de nostalgie. Une enquête qui bouscule les idées reçues sur l'innovation ferroviaire.
## Une histoire d'amour qui se renforce depuis le Covid
Malgré un contexte de critiques récurrentes visant la SNCF — prix jugés élevés, retards, pannes —, l'attachement des Français au rail ne faiblit pas, selon les données de l'Ifop relayées par BFM Business. L'étude révèle que 22 % des Français ont emprunté le train au moins quatre fois dans l'année écoulée, soit une progression de 5 points par rapport à 2023. Un engouement qui s'inscrit dans un contexte de fréquentation record et de profits historiques pour la SNCF, ainsi que d'une ouverture accrue du marché à la concurrence, laquelle a engendré davantage d'offres et, dans une certaine mesure, des baisses de tarifs.
Le sentiment dominant chez les sondés ? La sérénité liée au voyage pour 21 % d'entre eux. « Ce n'est plus seulement un simple moyen de locomotion ou un outil pour relier deux points mais aussi l'occasion de faire une pause et de se reconnecter aux territoires », analyse Jérôme Fourquet, directeur de l'opinion pour l'Ifop, cité par BFM Business.
## Les jeunes réenchantent le train
Contrairement aux clichés, la jeunesse n'a pas déserté le rail. Selon Trainline, les 18-24 ans « réenchantent le train » : 57 % d'entre eux le choisissent par préférence personnelle lorsqu'ils ont le choix entre plusieurs modes de transport, contre 37 % pour l'ensemble de la population. Plus frappant encore, 66 % y associent un sentiment positif. « Le train, ce n'est pas un truc de vieux », résume Jérôme Fourquet. Les voyages au temps long, autrefois perçus comme une contrainte, ne rebutent plus cette génération, qui y voit une expérience à part entière.
## L'innovation technologique, loin d'être une priorité
Le résultat le plus contre-intuitif de l'étude concerne les attentes en matière de technologie. Seuls 23 % des sondés réclament davantage de numérique, d'intelligence artificielle, de connectivité ou de vitesse. Chez les 25-34 ans, cette proportion grimpe à peine à 33 %. Autrement dit, la course à la performance technique, longtemps présentée comme l'avenir du ferroviaire, ne figure pas au sommet des préoccupations des usagers.
En majorité — 54 % selon l'étude —, les Français privilégient d'autres critères, davantage tournés vers le confort, la convivialité et l'expérience vécue à bord. Un signal fort pour les opérateurs : l'innovation perçue n'est plus nécessairement synonyme de prouesse technologique, mais d'attention portée au voyageur.
## Un enjeu stratégique pour les opérateurs
À l'heure où la concurrence s'intensifie sur le marché ferroviaire français, cette étude invite les acteurs — SNCF, Trainline et nouveaux entrants — à repenser leurs priorités. Si la technologie reste un levier, elle ne suffit plus à séduire. Le train du futur, tel que l'imaginent les Français, serait donc moins un objet connecté qu'un espace de reconnexion, où le temps du trajet devient une composante du voyage plutôt qu'un simple coût à minimiser. Une tendance que les opérateurs auraient tout intérêt à intégrer dans leur stratégie commerciale et dans la conception des rames de demain.