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"Pas du tout féministe", "cerveau de matheuse", ex-triatlète... Qui est Christine Lavarde, la technocrate proche de Bruno Retailleau et en première ligne sur le Budget au Sénat?

Economie · · Par Julie MOREAU

## Christine Lavarde, la sénatrice qui s'impose comme la nouvelle figure budgétaire du Sénat Christine Lavarde vient d'être nommée rapporteure générale du budge

## Christine Lavarde, la sénatrice qui s'impose comme la nouvelle figure budgétaire du Sénat Christine Lavarde vient d'être nommée rapporteure générale du budget au Sénat, une fonction stratégique qui la place au cœur de l'examen du projet de loi de finances à la chambre haute. La sénatrice Les Républicains des Hauts-de-Seine, ancienne benjamine du Sénat en 2017 à 32 ans, s'est imposée au sein de son groupe avec deux tiers des voix, selon les informations rapportées par BFM Business. ## Un parcours marqué par la commission des Finances Élue pour la première fois en 2017, Christine Lavarde a passé neuf ans au sein de la prestigieuse commission des Finances du Sénat, une instance où, selon BFM Business, « les femmes de droite ne couraient pas les rues à l'époque ». Cette expérience longue lui a permis d'acquérir une maîtrise technique des dossiers budgétaires qui fait aujourd'hui consensus. Elle occupait jusqu'ici la fonction de cheffe de file du groupe LR sur le budget, un poste qui l'a progressivement installée comme une interlocutrice incontournable pour l'exécutif. Son élection à la rapporteure générale s'est jouée face à un sénateur issu de la ruralité, un profil traditionnellement valorisé au sein de la « chambre des territoires ». Ce résultat a marqué les esprits, soulignant la capacité de Christine Lavarde à fédérer au-delà des clivages géographiques et politiques internes à son groupe. ## Une personnalité saluée par ses pairs Jean-François Husson, son prédécesseur à ce poste, dresse un portrait élogieux de la nouvelle rapporteure générale. Il évoque, toujours selon BFM Business, « un cerveau de matheuse, une techno qui a su se frotter aux réalités du Sénat, se polir et se façonner ». Il ajoute qu'elle « comprend vite, écoute et travaille », la qualifiant de « talent » promis à « un avenir politique ». Bruno Retailleau, figure de proue des Républicains, la désigne régulièrement comme la « terreur des ministres » et un « bourreau de travail », capable d'assimiler rapidement de volumineux rapports. Il estime que son élection constitue « une bonne nouvelle pour le Sénat et pour le pays qui est sur une poudrière budgétaire et financière ». ## Une aile conservatrice assumée Christine Lavarde incarne une aile conservatrice au sein des Républicains, sans pour autant se situer à l'extrême droite de son parti, précise BFM Business. Elle ne se revendique pas féministe, une position qui tranche avec les attentes contemporaines mais qui correspond à son profil de technocrate concentrée sur les dossiers budgétaires plutôt que sur les postures idéologiques. Son passé de triathlète de bon niveau, avec un record personnel sous l'heure et trente minutes au semi-marathon, témoigne d'une discipline personnelle que ses collègues retrouvent dans son travail parlementaire. « On m'a souvent reproché de ne pas oser faire des choses pour lesquelles j'étais complètement compétente et légitime », confie-t-elle, une remarque qui résonne avec son parcours de femme dans un milieu longtemps dominé par les hommes. ## Un enjeu budgétaire sous haute tension La nomination de Christine Lavarde intervient dans un contexte budgétaire particulièrement tendu pour la France. En tant que rapporteure générale, elle sera chargée de coordonner l'examen du projet de loi de finances au Sénat, une mission qui l'obligera à arbitrer entre les positions de son groupe politique et les contraintes économiques du pays. Sa légitimité technique, reconnue par ses pairs, devrait lui permettre de peser dans les débats, mais son positionnement conservateur pourrait susciter des tensions avec la majorité gouvernementale. Le Sénat, traditionnellement plus mesuré dans ses amendements budgétaires que l'Assemblée nationale, pourrait voir son rôle renforcé par la personnalité de cette nouvelle rapporteure générale. Reste à savoir si son profil de technocrate saura convaincre au-delà des rangs de son parti, dans un contexte où les questions budgétaires sont devenues un terrain politique particulièrement clivant.