"Pas un centime" versé: un mois après l'annonce d'un plan d'aide, la colère des agriculteurs monte avant le Sommet de l’élevage

Un mois après l'annonce d'un « plan de rebond » destiné à soutenir le secteur agricole, les syndicats dénoncent l'absence de versement des aides promises. Selon
Un mois après l'annonce d'un « plan de rebond » destiné à soutenir le secteur agricole, les syndicats dénoncent l'absence de versement des aides promises. Selon des propos rapportés par BFM Business, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, affirme n'avoir « rien reçu » des sommes annoncées. Cette situation alimente une colère grandissante à quelques jours de l'ouverture du Sommet de l'élevage, organisé en Auvergne, où le gouvernement et plusieurs candidats à la présidentielle sont attendus.
## Un plan annoncé, des trésoreries toujours vides
Le « plan de rebond » avait été présenté comme une réponse à l'adaptation à long terme du secteur après un été jugé catastrophique sur le plan climatique. Mais, dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Arnaud Rousseau a indiqué que les exploitations n'avaient perçu aucune aide financière. Ce constat rejoint celui des Jeunes agriculteurs (JA) d'Auvergne-Rhône-Alpes. Lors d'une conférence de presse, leur secrétaire générale, Marie-Laurence Michallet, a résumé la situation d'une formule : « Les trésoreries tiennent à rien ». Elle a également prévenu que les agriculteurs ne se contenteraient pas « des miettes ». Ces déclarations, relayées par BFM Business, traduisent une impatience qui contraste avec l'annonce gouvernementale de l'été.
## Le Massif central, épicentre de la sécheresse
Le contexte climatique renforce la tension. Le Massif central, région d'élevage extensif où se tient le sommet, est, selon David Chauve, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, « pleinement frappé par ce qu'on vit cette année en matière de sécheresse ». Cette situation « met les exploitations en difficulté et impacte la vie des animaux », a-t-il ajouté. Depuis la fin du printemps, la pousse des prairies est quasiment à l'arrêt faute de pluie, et les bêtes ont entamé leurs réserves de fourrage. Ce déficit fourrager pèse directement sur les coûts d'exploitation et fragilise des trésoreries déjà tendues, expliquant l'urgence exprimée par les syndicats.
## Le budget 2025 cristallise les critiques
La présentation du texte budgétaire, jeudi, a suscité l'ire de l'ensemble des syndicats agricoles. Si le secteur est relativement préservé dans l'enveloppe globale, les organisations estiment que la crise exigeait des moyens bien supérieurs à ceux de l'année précédente. Elles entendent donc faire pression sur les parlementaires lors des discussions à venir. « Les attentes sont fortes », a prévenu David Chauve, cité par BFM Business. Cette mobilisation intervient dans un calendrier politique chargé, avec un Sommet de l'élevage qui s'ouvre mardi et la présence annoncée de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Plusieurs candidats à la présidentielle sont également attendus, ce qui transforme le rendez-vous professionnel en tribune politique.
## Un automne sous haute tension
Les syndicats redoutent que la colère ne ressurgisse à l'automne, une fois les grands travaux agricoles achevés. Le décalage entre les annonces et les versements effectifs constitue le principal point de crispation. Pour les éleveurs, l'enjeu dépasse la seule trésorerie immédiate : il engage la capacité du secteur à faire face à des épisodes climatiques répétés. Le Sommet de l'élevage s'annonce donc comme un moment de confrontation, où les organisations professionnelles chercheront à obtenir des engagements concrets plutôt que de nouvelles promesses. Reste à savoir si le gouvernement répondra par des décaissements rapides ou si la mobilisation prendra de l'ampleur dans les semaines à venir.