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Origine, transmission, symptômes, létalité... Tout comprendre à l’hantavirus en six infographies

Une · · Par Claire BERNARD

Origine, transmission, symptômes, létalité... Tout comprendre à l’hantavirus en six infographies

Un nouveau cas d’hantavirus de la souche Andes détecté chez une personne franco-argentine : ce que l’on sait du virus et de sa propagation Le ministère de la Sa

Un nouveau cas d’hantavirus de la souche Andes détecté chez une personne franco-argentine : ce que l’on sait du virus et de sa propagation

Le ministère de la Santé a annoncé ce jeudi la détection d’un nouveau cas d’hantavirus de la souche Andes chez une personne franco-argentine ayant transité par l’Hexagone en juillet lors d’un « voyage touristique », avant d’être isolée « avec sa famille en Espagne ». Cette annonce intervient quelques mois après la série de décès survenus au printemps dernier à bord du navire de croisière MV Hondius, qui reliait Ushuaia (Argentine) à l’archipel du Cap-Vert. Selon des informations rapportées par Le Figaro, trois personnes – un couple de Néerlandais et une Allemande – étaient décédées suite à une infection à l’hantavirus sur ce bateau, considéré comme le foyer de la maladie.

Qu’est-ce qu’un hantavirus ?

Les hantavirus appartiennent à une famille de virus transmis principalement par les rongeurs, notamment les campagnols et les rats. Identifiés pour la première fois dans les années 1950 lors de la guerre de Corée, ils sont présents sur plusieurs continents, avec des souches variables selon les régions. La souche Andes, détectée dans le cas récent, est particulièrement préoccupante : elle constitue l’une des rares variantes capables de se transmettre directement entre humains, contrairement à la plupart des autres hantavirus qui nécessitent un contact avec les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. D’après les données épidémiologiques disponibles, cette spécificité en fait également la souche présentant la plus forte létalité, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 30 à 50 % selon les foyers.

Comment se transmet un hantavirus ?

La transmission classique s’effectue par inhalation de particules virales présentes dans les déjections de rongeurs, souvent lors de travaux agricoles, de nettoyage de locaux infestés ou d’activités de plein air. Cependant, la souche Andes, identifiée principalement en Argentine et au Chili, présente une particularité alarmante : elle peut se propager d’humain à humain, notamment par contact étroit avec une personne infectée. Dans le cas du MV Hondius, les autorités sanitaires ont établi que le navire avait constitué un environnement propice à la contamination, les passagers ayant partagé des espaces confinés pendant plusieurs jours. Le navire avait ensuite fait escale aux îles Canaries, d’où tous les passagers avaient été évacués vers leurs pays respectifs. Au total, 13 cas suspects et confirmés avaient été recensés dans le cadre de cet épisode, selon les informations relayées par Le Figaro.

Quels sont les principaux symptômes d’un hantavirus ?

Les symptômes d’une infection à hantavirus apparaissent généralement entre une et cinq semaines après l’exposition. Ils débutent par un tableau pseudo-grippal : fièvre, maux de tête intenses, douleurs musculaires et articulaires, fatigue marquée. Dans les formes graves, notamment avec la souche Andes, l’évolution peut se faire vers un syndrome cardio-pulmonaire, caractérisé par une détresse respiratoire aiguë et une chute brutale de la tension artérielle. Ce syndrome, qui survient dans les 4 à 10 jours suivant les premiers symptômes, est responsable de la majorité des décès. Les autorités sanitaires recommandent une prise en charge hospitalière rapide en cas de suspicion, d’autant plus que l’accès aux soins intensifs conditionne largement le pronostic vital.

Un cas d’hantavirus sur deux létal au Brésil en 2025

Les données récentes illustrent la gravité potentielle de cette maladie. Selon les statistiques sanitaires brésiliennes rapportées par Le Figaro, près d’un cas d’hantavirus sur deux s’est révélé létal au Brésil en 2025. Ce taux, exceptionnellement élevé, s’explique par plusieurs facteurs : la circulation de souches particulièrement virulentes, des délais de diagnostic parfois longs dans les zones rurales isolées, et une prise en charge médicale tardive. Par ailleurs, 2000 cas d’hantavirus ont été recensés en France sur les vingt dernières années, un chiffre qui, bien que modéré par rapport à d’autres pays, témoigne d’une circulation endémique sur le territoire, notamment dans les zones forestières et rurales.

Quelles sont les régions françaises touchées par les hantavirus ?

En France métropolitaine, les hantavirus sont principalement présents dans le quart nord-est du pays, notamment en Franche-Comté, en Lorraine, en Champagne-Ardenne et dans certaines parties de l’Auvergne-Rhône-Alpes. Ces régions, caractérisées par une forte densité de rongeurs sauvages, voient traditionnellement une recrudescence des cas lors des pics de pullulation des campagnols, qui surviennent tous les trois à cinq ans. Les professionnels exposés – agriculteurs, forestiers, gardes-chasse – constituent la population la plus à risque. Toutefois, le cas récent de la personne franco-argentine, qui a transité par l’Hexagone en juillet, soulève la question du risque de propagation en dehors des zones habituelles, même si les autorités sanitaires estiment que la transmission interhumaine, bien que possible, reste limitée en dehors de contextes de contact étroit et prolongé.

Une surveillance renforcée nécessaire

L’épisode du MV Hondius et le nouveau cas détecté chez la personne franco-argentine illustrent la capacité de ce virus à se déplacer rapidement via les réseaux de transport internationaux. Les autorités sanitaires françaises et européennes ont mis en place des protocoles de surveillance renforcés pour les voyageurs en provenance d’Amérique du Sud, notamment ceux ayant séjourné dans des zones rurales ou à bord de navires de croisière. La vigilance reste de mise, d’autant que la souche Andes, par sa capacité de transmission interhumaine, pourrait, dans certaines conditions, générer des foyers secondaires. Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer l’ampleur de la propagation et adapter les mesures de prévention, alors que la saison estivale favorise les