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"On est vraiment en train de cramer la planète": il n'y a jamais eu autant d'avions dans le ciel que le 23 juillet dernier

Economie · · Par Julie MOREAU

Introduction Le 23 juillet dernier, le ciel n’a jamais été aussi fréquenté. Selon les données de Flightradar, 153.359 vols commerciaux ont été recensés en 24 he

Introduction

Le 23 juillet dernier, le ciel n’a jamais été aussi fréquenté. Selon les données de Flightradar, 153.359 vols commerciaux ont été recensés en 24 heures, un record historique qui interroge sur l’impact environnemental du secteur aérien. "On est vraiment en train de cramer la planète", a commenté le journaliste Alex Taylor sur X, dans un contexte où ni le réchauffement climatique ni les tensions géopolitiques ne semblent freiner la croissance du trafic.

Un record absolu malgré les crises

Ce chiffre de 153.359 vols commerciaux en une seule journée dépasse tous les précédents, selon Flightradar, plateforme de suivi aérien. Le précédent record datait de l’été 2019, avant la pandémie de Covid-19, mais la reprise a été fulgurante. Malgré les restrictions dues à la guerre au Moyen-Orient, qui perturbent certaines routes, le trafic aérien mondial a retrouvé et même dépassé son niveau d’avant-crise. "C’est le plus grand nombre de vols commerciaux de tous les temps en une seule journée", souligne Alex Taylor, citant les données de Flightradar. Ce record intervient alors que le secteur est régulièrement pointé du doigt pour sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre, représentant environ 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Une croissance tirée par l’Asie et les classes moyennes

Rien ne semble freiner l’appétit pour les voyages aériens. Boeing et Airbus tablent sur une progression annuelle moyenne du trafic de 4 % par an. "D’ici 2045, le trafic aérien aura plus que doublé pour atteindre environ 10 milliards de passagers par an", estime Airbus. Une prévision proche de celle de l’IATA, l’Association internationale du transport aérien, qui prévoit une croissance annuelle de 3,3 %, poussée notamment par l’essor des classes moyennes en Asie. La Chine, l’Inde et les pays d’Asie du Sud-Est devraient être les principaux moteurs de cette expansion, avec des millions de nouveaux voyageurs chaque année. Cette dynamique interroge sur la capacité du secteur à concilier croissance et objectifs climatiques, alors que les carburants durables restent marginaux.

Des défis technologiques et réglementaires

Face à ces records, les compagnies aériennes et les industriels misent sur l’innovation pour réduire leur empreinte carbone. Les carburants d’aviation durables (SAF), issus de déchets ou de biomasse, ne représentent encore qu’une infime part de la consommation mondiale, moins de 1 % en 2023 selon l’IATA. Les projets d’avions à hydrogène ou électriques restent à l’état de prototypes, avec des horizons de commercialisation repoussés à l’horizon 2035-2040. Par ailleurs, les régulations se durcissent : l’Union européenne a intégré l’aviation dans son système d’échange de quotas d’émissions (ETS) et impose une obligation d’incorporation de SAF à partir de 2025. Mais ces mesures peinent à enrayer la hausse du trafic, qui croît plus vite que les gains d’efficacité énergétique.

Conclusion

Le record du 23 juillet illustre la difficulté à concilier la demande croissante de mobilité aérienne avec les impératifs climatiques. Alors que le trafic pourrait doubler d’ici 2045, selon les projections d’Airbus, les solutions technologiques et réglementaires actuelles semblent insuffisantes pour inverser la tendance. La question reste ouverte : comment limiter l’impact environnemental d’un secteur en pleine expansion, sans en freiner l’accès aux populations émergentes ?