«On vit dans la peur permanente, et ça nous détruit psychologiquement» : au Liban, la guerre sans fin d’Israël

«On vit dans la peur permanente, et ça nous détruit psychologiquement» : au Liban, la guerre sans fin d’Israël Malgré l’annonce d’une nouvelle trêve dans la nui
«On vit dans la peur permanente, et ça nous détruit psychologiquement» : au Liban, la guerre sans fin d’Israël
Malgré l’annonce d’une nouvelle trêve dans la nuit de jeudi à vendredi, les opérations militaires se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, plongeant les populations civiles du sud du Liban dans un état de détresse psychologique et matérielle profonde. Selon un reportage du Figaro signé Apolline Convain, envoyée spéciale à Debbine, la guerre sans fin que mène l’État hébreu contre les positions du Hezbollah sur le territoire libanais semble n’épargner aucune trêve, et surtout pas les habitants, contraints de vivre dans une peur permanente qui, selon les témoignages recueillis, « les détruit psychologiquement ».
Une trêve de façade, des opérations qui se poursuivent
Le cessez-le-feu, annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi, n’a pas mis un terme aux affrontements. D’après les informations rapportées par Le Figaro, les deux belligérants continuent de s’affronter aussi bien dans la banlieue sud de Beyrouth que dans le sud du pays. Israël, qui n’a cessé de menacer la banlieue sud de Beyrouth en cas d’attaque du Hezbollah sur son territoire, est passé à l’acte ce dimanche, sans avertissement et pour la première fois depuis la journée meurtrière du 28 mai. Un raid a été mené dans l’après-midi à proximité directe de l’aéroport de Beyrouth, provoquant la panique dans un quartier où était revenue vivre une large partie de la population. Ce raid a fait 7 morts et 10 blessés selon un premier bilan.
La peur quotidienne, un traumatisme collectif
Le reportage d’Apolline Convain met en lumière le quotidien des habitants de Debbine, un village frontalier situé à une dizaine de kilomètres de la frontière israélienne. « On vit dans la peur permanente, et ça nous détruit psychologiquement », confient les résidents, qui voient leur village désormais rasé. À l’entrée de Debbine, un mur de barbelés empêche d’entrer dans la localité, dont la route principale est labourée par les chars israéliens. Un bulldozer de l’armée libanaise s’efforce de déblayer les gravats, mais le paysage de désolation témoigne de la violence des frappes. Les habitants, qui avaient fui les combats, commencent à revenir, mais ils retrouvent des maisons détruites et un avenir incertain.
Un conflit aux dimensions régionales
Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà tendu. Israël affirme avoir frappé des « quartiers généraux terroristes » du Hezbollah, justifiant ainsi la poursuite de ses opérations. Le Hezbollah, de son côté, continue de menacer le territoire israélien, alimentant un cycle de représailles qui semble sans fin. Selon Le Figaro, le cessez-le-feu annoncé n’épargne ni la capitale libanaise ni le sud du pays, où les deux parties continuent de s’affronter. La situation humanitaire se dégrade, avec des infrastructures détruites et une population civile prise en étau entre les bombardements israéliens et les tirs de roquettes du Hezbollah.
L’impact psychologique sur les civils
Au-delà des pertes humaines et matérielles, le reportage insiste sur l’impact psychologique de ce conflit prolongé. Les témoignages recueillis à Debbine et dans les villages environnants évoquent une « peur permanente », un sentiment d’insécurité qui ronge les habitants. Les enfants, en particulier, sont marqués par le bruit des explosions et la vue des destructions. Les équipes médicales locales, déjà débordées, signalent une augmentation des cas de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression. Alors que les trêves se succèdent sans apporter de répit durable, la question se pose de savoir comment ces populations pourront un jour se reconstruire, tant sur le plan matériel que psychologique.