«On va gagner en 2027» : en débat avec Bompard, Pigasse affiche ses «convergences» avec LFI

«On va gagner en 2027» : Pigasse et Bompard affichent leurs convergences lors des universités d’été de LFI Le banquier d’affaires et propriétaire de Radio Nova,
«On va gagner en 2027» : Pigasse et Bompard affichent leurs convergences lors des universités d’été de LFI
Le banquier d’affaires et propriétaire de Radio Nova, Matthieu Pigasse, a participé samedi à un débat avec le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, dans le cadre des universités d’été du mouvement organisées à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme. Selon des informations rapportées par Le Figaro avec l’AFP, l’ancien dirigeant de la banque Lazard a multiplié les marques de rapprochement avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, allant jusqu’à déclarer : « On va gagner en 2027 ». Face à un millier de militants réunis pour l’occasion, le patron de presse a affirmé ses « convergences » avec les Insoumis, suscitant des applaudissements nourris de l’assistance.
Un rapprochement assumé sur le terrain économique
Au cœur des échanges, la question de la dette publique a occupé une place centrale. Matthieu Pigasse a en effet lancé : « Ce que vous dites à LFI c’est possible, économiquement », en référence à la proposition formulée durant l’été par Jean-Luc Mélenchon d’effacer une partie de la dette publique. Une proposition qui avait fait couler beaucoup d’encre, Manuel Bompard ayant tenu à la qualifier de simple « formule ». Le banquier d’affaires, homme de gauche revendiqué, semble ainsi valider une partie du programme économique insoumis, tout en conservant un ton volontairement distant, ironisant d’emblée sur « la fréquence de Nova ici », clin d’œil à sa radio musicale.
Par ailleurs, l’ancien patron de presse a décrit la période actuelle comme étant « prérévolutionnaire », un qualificatif qui n’a pas manqué de résonner auprès des militants présents. Cette analyse, partagée par une partie de la gauche radicale, suggère une lecture commune des tensions sociales et politiques traversant le pays. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, Matthieu Pigasse se dit « prêt » si la gauche a besoin de lui pour une candidature à la présidentielle de 2027, sans pour autant officialiser une quelconque démarche à ce stade.
Des convergences qui interrogent la stratégie d’union
Ce débat intervient dans un contexte où la question de l’unité de la gauche demeure particulièrement sensible. Les positions affichées par Matthieu Pigasse pourraient toutefois être perçues comme un signal en faveur d’une union élargie, au-delà des seuls partis traditionnels. En effet, le profil du banquier, issu du monde de la finance et des médias, contraste avec l’image habituelle des cadres insoumis. Toutefois, ses prises de position sur la dette ou sur la nécessité d’une transformation sociale semblent trouver un écho favorable au sein de l’assistance.
Il convient néanmoins de souligner que ces déclarations, rapportées par l’agence AFP, n’ont pas été suivies d’annonces concrètes quant à un éventuel ralliement ou à une candidature. Le conditionnel reste donc de mise concernant les suites possibles de ces échanges. Les prochains mois pourraient toutefois apporter des éléments de clarification, alors que la gauche cherche à définir une stratégie commune en vue du scrutin présidentiel.
Une séquence politique à surveiller
Cette séquence, bien que relevant pour l’heure d’un échange d’idées, illustre les recompositions en cours au sein de l’opposition. La présence d’une figure comme Matthieu Pigasse aux côtés des Insoumis pourrait, selon certains observateurs, contribuer à élargir l’audience de LFI au-delà de son socle électoral habituel. À l’inverse, d’autres analystes y voient une tentative de crédibiliser économiquement des propositions jugées jusqu’alors irréalistes par une partie de la classe politique.
En tout état de cause, le débat de Châteauneuf-sur-Isère aura permis de poser publiquement des convergences qui, jusqu’ici, relevaient davantage de l’hypothèse. Reste à savoir si ces déclarations se traduiront par des engagements concrets dans les mois à venir. La réponse à cette question conditionnera sans doute une partie des dynamiques politiques de la gauche à l’approche de 2027.