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On remonte tout doucement à 33% du trafic "normal": 36 navires ont franchi le détroit d'Ormuz, un record depuis le début de la guerre

Economie · · Par Julie MOREAU

On remonte tout doucement à 33% du trafic

Introduction Le détroit d'Ormuz, passage stratégique vital pour le commerce mondial des hydrocarbures, connaît une reprise timide mais significative de son traf

Introduction

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique vital pour le commerce mondial des hydrocarbures, connaît une reprise timide mais significative de son trafic. Selon les données de la plateforme Kpler, 36 navires de matières premières ont franchi ce goulet d'étranglement lundi, un record depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Ce chiffre représente environ 33 % du trafic "normal" d'avant-guerre, qui s'établissait à quelque 120 navires par jour en temps de paix. Cette embellie intervient près d'une semaine après la conclusion d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, censé apaiser les tensions régionales.

Un trafic en hausse mais encore fragile

Entre le 1er mars et le 14 juin, moins de 10 navires de matières premières traversaient quotidiennement le détroit d'Ormuz, selon Kpler. Depuis le 15 juin, au lendemain de l'annonce de l'accord, la moyenne est remontée à 21 passages par jour, et même à 27 au cours des cinq derniers jours. Le record de 36 navires enregistré lundi constitue une inflexion notable, même si le trafic reste loin des 120 franchissements quotidiens d'avant-guerre. Ce détroit, par où transite d'ordinaire un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, est considéré comme l'un des points les plus sensibles pour la sécurité énergétique planétaire.

Les dessous de l'accord américano-iranien

L'accord signé entre Washington et Téhéran, qualifié de "protocole d'entente", a été présenté comme un levier pour désamorcer la guerre au Moyen-Orient. "On l'a signé à Versailles", a déclaré une source proche des négociations, soulignant le caractère solennel de la cérémonie. Toutefois, la situation reste volatile : Téhéran a annoncé samedi la fermeture du détroit en réaction aux attaques d'Israël au Liban, avant de revenir sur cette décision après de nouvelles discussions. Depuis, les deux parties se sont entendues sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et à sécuriser le passage maritime.

L'Iran revendique l'administration du détroit

Mohammad Bagher Ghalibaf, représentant iranien dans les négociations avec les États-Unis, a affirmé mardi que l'administration du détroit "ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", selon des propos rapportés par l'agence officielle Irna. "L'Iran administrera" le détroit, a-t-il martelé, laissant entrevoir une volonté de contrôle accru sur cette voie d'eau. Son équipe de négociateurs s'est rendue à Oman pour discuter précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon la même source. Ces déclarations interviennent alors que la flotte américaine reste déployée dans la zone, et que les marchés pétroliers surveillent de près toute perturbation.

Conclusion

La reprise à 33 % du trafic normal dans le détroit d'Ormuz est un signe encourageant pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, mais la situation demeure précaire. Les revendications iraniennes sur l'administration du détroit et les tensions récurrentes avec Israël pourraient compromettre cette fragile accalmie. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si ce corridor stratégique retrouve un niveau de trafic proche de la normale, ou si les risques géopolitiques persistent.