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"On ne peut pas laisser les épaves cachées dans l’eau" : l’Occitanie en pointe dans la recherche de trésors archéologiques marins

Une · · Par Claire BERNARD

Les eaux du littoral occitan recèlent un patrimoine encore largement méconnu. Alors que la recherche archéologique sous-marine connaît un essor significatif, Ma

Les eaux du littoral occitan recèlent un patrimoine encore largement méconnu. Alors que la recherche archéologique sous-marine connaît un essor significatif, Marine Jaouen, responsable de la façade d’Occitanie au Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), alerte sur la nécessité de ne pas laisser les épaves sombrer dans l’oubli. Selon des informations rapportées par Midi Libre, la région se positionnerait comme un territoire pionnier dans l’exploration de ces trésors engloutis, entre innovations techniques et enjeux de préservation. ## Une région au cœur de l’archéologie sous-marine La façade d’Occitanie, qui s’étend de la frontière espagnole jusqu’au delta du Rhône, constitue un corridor maritime historiquement stratégique. D’après les déclarations de Marine Jaouen au quotidien régional, cette zone présenterait une densité remarquable d’épaves antiques, médiévales et modernes, témoignant de l’intense activité commerciale et militaire qui a marqué la Méditerranée occidentale au fil des siècles. Le Drassm, service rattaché au ministère de la Culture, y mène actuellement plusieurs campagnes de fouille dont l’objectif serait double : documenter scientifiquement ces sites et protéger un patrimoine fragile, exposé aux pillages comme aux dégradations naturelles. La responsable évoque notamment des opérations menées au large des côtes héraultaises et gardoises, où des cargaisons d’amphores et des structures de navires marchands auraient été localisées. Ces découvertes, si elles étaient confirmées, permettraient d’affiner la compréhension des routes commerciales antiques empruntées entre la péninsule Ibérique et l’Italie. ## Une technologie au service de la connaissance L’un des aspects les plus saillants de cette dynamique régionale résiderait dans l’utilisation accrue de technologies de pointe. Selon le Drassm, des véhicules sous-marins autonomes et des systèmes de cartographie acoustique à haute résolution seraient déployés pour sonder les fonds marins avec une précision inédite. Ces outils, couplés à des relevés photogrammétriques, permettraient de reconstituer en trois dimensions les épaves sans nécessiter de prélèvements systématiques, limitant ainsi l’impact sur les sites. Cette approche s’inscrirait dans une évolution méthodologique plus large, où la fouille destructive cède progressivement la place à une observation non intrusive. Les données recueillies alimenteraient par ailleurs des bases de référence consultables par la communauté scientifique internationale, renforçant la visibilité de la recherche française dans ce domaine. Toutefois, Marine Jaouen souligne que ces avancées ne sauraient se substituer entièrement aux opérations physiques, indispensables pour authentifier certaines hypothèses. ## Un patrimoine menacé entre pillages et enjeux juridiques La question de la protection des sites archéologiques immergés se pose avec d’autant plus d’acuité que les menaces se multiplient. D’après des sources proches du dossier, la pratique de la plongée de loisir, si elle contribue à la sensibilisation du public, pourrait également faciliter des actes de pillage ciblé. Des objets issus d’épaves feraient l’objet d’un trafic lucratif sur certains marchés clandestins, une problématique que le Drassm tenterait de contrer par des campagnes de surveillance renforcées et une coopération accrue avec les autorités maritimes. Par ailleurs, le cadre juridique français, hérité de la loi de 1989 relative à la recherche archéologique, conférerait à l’État un droit de regard sur l’ensemble des vestiges situés dans les eaux territoriales. Cette prérogative, si elle offre une base solide, se heurterait néanmoins à des difficultés d’application pratique, notamment en matière de moyens humains et financiers alloués à la surveillance des quelque 200 kilomètres de côtes que compte la région. ## Une dynamique régionale à consolider L’Occitanie pourrait tirer profit de cette effervescence pour structurer une filière scientifique et touristique autour du patrimoine maritime. Des projets de valorisation, incluant des expositions immersives et des parcours de plongée balisés, seraient à l’étude selon Midi Libre. Ces initiatives viseraient à concilier accessibilité du public et préservation des sites, tout en renforçant l’attractivité du territoire. Cependant, la pérennité de ces actions dépendrait largement de la capacité des institutions à maintenir un niveau d’investissement constant. Les campagnes de fouille, coûteuses en logistique et en expertise, nécessiteraient des partenariats élargis, associant collectivités territoriales, universités et acteurs privés. À l’heure où la recherche archéologique sous-marine gagne en reconnaissance, la région semble disposer d’atouts considérables, à condition de ne pas relâcher l’effort engagé.