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"On ne peut pas combattre des groupes comme Total": ces petites stations qui font de la résistance

Economie · · Par Julie MOREAU

# "On ne peut pas combattre des groupes comme Total" : ces petites stations qui font de la résistance Face à l'omniprésence des géants pétroliers sur le marché

# "On ne peut pas combattre des groupes comme Total" : ces petites stations qui font de la résistance Face à l'omniprésence des géants pétroliers sur le marché français des carburants, un réseau de petites stations indépendantes refuse de baisser les bras. Ces exploitants, souvent installés dans des zones rurales ou périurbaines, tentent de survivre face à une concurrence jugée écrasante, mais leurs marges de manœuvre se réduisent comme peau de chagrin. ## Un combat inégal contre les mastodontes du secteur Les petites stations-service familiales subissent de plein fouet la pression exercée par les groupes comme TotalEnergies, qui contrôlent une part significative du marché hexagonal. « On ne peut pas combattre des groupes comme Total », confient plusieurs exploitants interrogés par BFM Business, résumant ainsi le sentiment d'impuissance qui les anime. Avec des volumes d'achat dérisoires par rapport aux centrales d'achat des majors, ces indépendants négocient leurs approvisionnements à des tarifs bien moins compétitifs. La différence de prix à la pompe peut ainsi atteindre plusieurs centimes par litre, un écart qui pèse lourd dans le budget des automobilistes, surtout en période de vacances où la demande explose. ## Des marges sous pression et des charges fixes incompressibles Au-delà de la guerre des prix, ces petits commerces doivent faire face à des charges fixes qui ne faiblissent pas. Loyer, électricité, assurances, salaires du personnel : autant de coûts qui grèvent une rentabilité déjà fragile. Selon les données disponibles, la marge brute sur un litre de carburant oscille souvent entre 2 et 5 centimes d'euro pour un indépendant, contre 8 à 12 centimes pour un groupe intégré. « Quand Total baisse ses prix de 10 centimes pendant une promotion, on ne peut pas suivre, sinon on vend à perte », explique un gérant de station en zone rurale. Cette asymétrie concurrentielle pousse certains à diversifier leurs activités, en misant sur l'épicerie, le lavage auto ou les services de proximité. ## L'innovation comme bouée de sauvetage Pour résister, plusieurs petites stations misent sur la différenciation. Certaines développent des offres de carburants premium, d'autres investissent dans des bornes de recharge électrique pour capter une clientèle encore émergente. L'installation de panneaux solaires ou la vente de produits locaux permettent parfois de dégager des marges supplémentaires. « On ne peut pas lutter sur les volumes, mais on peut miser sur la qualité du service et la relation client », résume un professionnel. Cette stratégie de niche fonctionne dans les zones où la concurrence directe est moins féroce, mais elle reste insuffisante pour garantir la pérennité de l'ensemble du réseau. ## Un avenir incertain pour le maillage territorial La disparition progressive des petites stations pose un véritable problème d'aménagement du territoire. Dans de nombreuses communes rurales, elles constituent le dernier point de vente de carburant à des dizaines de kilomètres à la ronde. Leur fermeture contraindrait les habitants à des trajets plus longs et plus coûteux, accentuant la fracture territoriale. Les pouvoirs publics, conscients de cet enjeu, tentent d'accompagner ces exploitants via des aides à la modernisation ou des exonérations fiscales. Mais ces mesures, bien que nécessaires, ne suffisent pas à inverser la tendance. ## Conclusion : une résistance qui s'organise Face à des groupes comme Total, les petites stations ne peuvent pas gagner la guerre des prix, mais elles peuvent encore exister en cultivant leur ancrage local et leur flexibilité. La survie de ce réseau dépendra de leur capacité à innover, à se regrouper pour mutualiser leurs achats, et à bénéficier d'un soutien public renforcé. Sans cela, le paysage des carburants en France risque de se résumer à quelques grandes enseignes, au détriment des territoires les plus isolés.