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"On a un objectif d’inflation de 2% sur le moyen terme": face à l'envolée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient, Christine Lagarde défend sa décision de relever les taux directeurs

Economie · · Par Julie MOREAU

## Une BCE ferme face à un choc inflationniste persistant Christine Lagarde a défendu, dans un entretien accordé au quotidien régional Ouest-France, la décision

## Une BCE ferme face à un choc inflationniste persistant Christine Lagarde a défendu, dans un entretien accordé au quotidien régional Ouest-France, la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux directeurs face à une inflation qui reste nettement supérieure à sa cible. La présidente de l'institution de Francfort assume un choix destiné, selon elle, à préserver la mission première de la BCE : assurer la stabilité des prix. ## Un objectif de 2% réaffirmé « La mission de la BCE, c'est d'assurer la stabilité des prix », a rappelé Christine Lagarde. « On a un objectif d'inflation de 2% sur le moyen terme. Aujourd'hui, l'inflation est nettement au-dessus de ces 2%, à 3,3% dans la zone euro, avec un choc important dont la durée sera probablement plus longue que ce que nous avions escompté. » La dirigeante situe ainsi clairement l'action de l'institution dans une logique de moyen terme, refusant de céder à une lecture conjoncturelle de la situation. Ce rappel intervient alors que la BCE a décidé, jeudi 10 septembre, de rehausser d'un quart de point son principal taux directeur, celui sur les dépôts, à 2,5%, conformément aux attentes des analystes. L'institution de Francfort maintient par ailleurs sa prévision d'inflation à 3,0% pour 2026 et la relève à 2,5% en 2027, signe que le retour à la cible n'est pas envisagé avant plusieurs années. ## Un choc aux origines multiples Christine Lagarde identifie plusieurs facteurs à l'origine de cette poussée inflationniste. « Ce choc résulte de la guerre au Moyen-Orient mais aussi des destructions de capacités de raffinage dans le monde, notamment en Russie », a-t-elle expliqué. « Il a entraîné une hausse des coûts de l'énergie, qui pousse tous les prix à la hausse. » Cette analyse souligne la dimension internationale d'un phénomène que les outils monétaires ne peuvent traiter qu'indirectement. La présidente de la BCE évoque ainsi « un choc important » dont la durée pourrait excéder les hypothèses initialement retenues par l'institution, un aveu de prudence face à un environnement géopolitique instable. ## Une politique pensée pour toute la zone euro La décision de relever les taux ne sera pas sans conséquence pour la France, dont la croissance est atone et l'inflation plus faible que celle de ses voisins. Christine Lagarde reconnaît implicitement cette asymétrie, tout en rappelant la logique communautaire de l'institution : « La BCE doit travailler pour toute la zone euro. Elle ne peut pas regarder la France, la Lituanie ou l'Allemagne séparément. » La présidente de la BCE souligne par ailleurs que « la France fait partie des pays qui envisagent des réformes structurelles, qu'il serait très important qu'elle engage ». Un appel du pied aux autorités françaises, dans un contexte où la marge de manœuvre budgétaire nationale apparaît limitée. ## Conclusion Entre une inflation persistante, des chocs énergétiques d'origine géopolitique et des trajectoires économiques divergentes au sein de la zone euro, la BCE défend une ligne de fermeté assumée. Reste à savoir si cette stratégie produira les effets escomptés dans les délais annoncés, alors que les prévisions pour 2026 et 2027 demeurent supérieures à la cible de 2%.