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"On n’est pas riche à 2.000 euros": Olivier Faure estime qu'il ne serait pas "juste" de faire contribuer les retraités à ce seuil, mais n'est pas opposé à la désindexation des pensions des 10% les plus aisés

Economie · · Par Julie MOREAU

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## Olivier Faure fixe la barre des retraités "riches" à 4.000 euros Le débat sur la contribution des retraités à l'effort budgétaire s'invite dans la campagne présidentielle. Invité de BFM politique ce dimanche 13 septembre, le candidat socialiste Olivier Faure a posé une limite claire : selon lui, il ne serait "pas juste" de faire contribuer les retraités dont la pension atteint 2.000 euros par mois, un seuil qu'il refuse d'assimiler à la richesse. ## Une définition de la richesse qui fait débat "On n'est pas riche à 2.000 euros. Un retraité riche, c'est 4.000 euros, c'est quelqu'un qui est dans les derniers déciles, dans les 10% de Français les plus riches", a tranché le responsable socialiste sur le plateau de BFM Business. Cette déclaration intervient alors que l'exécutif planche sur plusieurs pistes pour équilibrer les finances publiques, parmi lesquelles la désindexation des pensions ou la suppression de l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités sur leur impôt sur le revenu. Olivier Faure s'est dit favorable à mettre davantage à contribution les pensions supérieures à 4.000 euros par mois, tout en précisant qu'il ne "voit pas d'inconvénient" à une désindexation ciblée sur cette tranche. Une position qui le distingue du gouvernement, dont les scénarios à l'étude évoquent un seuil bien plus bas, autour de 2.000 euros, sans qu'aucun arbitrage ferme n'ait été rendu public à ce stade. ## Le casse-tête du seuil gouvernemental La question du seuil est au cœur des tensions. Selon les éléments rapportés par BFM Business, le Premier ministre Sébastien Lecornu a lancé une concertation expresse sur les retraites afin de boucler son budget 2027, et aurait demandé à protéger les petites retraites. La piste d'une désindexation partielle, ou d'une suppression tout aussi partielle de l'abattement fiscal, reste sur la table. Olivier Faure a appuyé son argumentation sur le coût réel de la dépendance. "Pour quelqu'un qui est à 2.000 euros, c'est en région, le prix d'un Ehpad, en Île-de-France, vous savez très bien que le prix d'un Ehpad est beaucoup plus élevé, c'est entre 2.000 et 3.000 euros", a-t-il illustré. Autrement dit, un retraité touchant 2.000 euros mensuels peut voir l'intégralité de sa pension absorbée par un hébergement en établissement spécialisé, ce qui rendrait selon lui toute contribution supplémentaire difficilement soutenable. ## Un clivage à gauche sur la fiscalité des retraités Cette prise de position illustre la complexité du sujet pour la gauche. Si l'idée de faire participer les ménages les plus aisés à l'effort budgétaire fait consensus dans son camp, la fixation du seuil d'entrée reste politiquement sensible. Trop bas, il risque de toucher des retraités modestes vivant en province ; trop haut, il limite les recettes attendues pour les finances publiques. Le gouvernement n'a pour l'instant pas arbitré entre les deux mesures évoquées, et la concertation lancée par Matignon devrait préciser les contours du dispositif dans les prochaines semaines. Le seuil retenu constituera un indicateur politique fort, à la fois de la doctrine budgétaire de l'exécutif et de sa capacité à ménager une population dont le pouvoir d'achat est devenu un thème central du débat public. La déclaration d'Olivier Faure ouvre ainsi un front supplémentaire dans une séquence où la question des retraites, déjà explosive lors de la réforme de 2023, pourrait redevenir un point de friction majeur entre majorité et opposition.