«On n’est pas moins inquiets qu’avant» : à la REF 2026, les candidats à la présidentielle n’ont pas convaincu les patrons

Alors que l’orage venait de s’achever sur Roland-Garros, ce sont des mines désappointées qui sont sorties jeudi soir du court Philippe-Chatrier. Les sept candid
Alors que l’orage venait de s’achever sur Roland-Garros, ce sont des mines désappointées qui sont sorties jeudi soir du court Philippe-Chatrier. Les sept candidats à la présidentielle de 2027, invités par le Medef à l’occasion de La Rencontre des entrepreneurs de France (REF), n’ont pas réussi à convaincre les chefs d’entreprise présents. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, le bilan de ce premier grand débat présidentiel de l’année s’est avéré décevant pour un auditoire pourtant avide de mesures concrètes.
### Un débat sous haute tension aux promesses jugées insuffisantes
Pendant trois heures, Gabriel Attal, Marine Tondelier, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen et Bruno Retailleau se sont succédé à la tribune, dans un format qualifié de « désordre organisé » par les observateurs. Les échanges, marqués par une forte intensité, ont porté sur des sujets structurants pour l’économie française : le système de retraites, la dette publique et la fiscalité sur les entreprises. Cependant, d’après les témoignages recueillis sur place, les propositions formulées n’ont pas atteint le niveau d’exigence attendu par un public de dirigeants. « Ils sont bons pour commenter le réel, mais pas pour prendre des mesures concrètes », a notamment résumé un chef d’entreprise à l’issue du débat, cité par le quotidien.
### Des patrons en attente de décisions, pas de diagnostics
La déception semble d’autant plus vive que les attentes étaient élevées. Les chefs d’entreprise, habitués à trancher quotidiennement, recherchent des engagements clairs plutôt que des analyses. Le président du Medef, Patrick Martin, avait d’ailleurs appelé en amont à des choix « clairs et courageux », une invitation qui semblerait n’avoir été que partiellement entendue. « On sort de ce débat pas moins inquiet qu’avant », a ajouté un autre participant, illustrant un sentiment partagé dans les travées. Ce décalage entre le discours politique et les besoins opérationnels des entrepreneurs pourrait refléter une difficulté plus structurelle des candidats à appréhender les contraintes de gestion et de compétitivité.
### Une inquiétude persistante sur les dossiers économiques clés
Les sujets de préoccupation majeurs pour le patronat demeurent donc entiers. La réforme des retraites, dont les équilibres financiers restent fragiles, continue d’alimenter les craintes sur la soutenabilité des finances publiques. Par ailleurs, la fiscalité des entreprises, souvent pointée comme un frein à l’investissement et à l’emploi, n’a pas fait l’objet d’annonces chiffrées susceptibles de rassurer. Enfin, la trajectoire de la dette publique, qui dépasse désormais 110 % du PIB, constitue un point de vigilance constant pour les dirigeants, d’autant plus que les marges de manœuvre budgétaires de l’État apparaissent limitées. Ces trois dossiers, pourtant centraux dans le débat public, semblent être restés au stade des intentions générales.
### Vers une recomposition du dialogue entre politiques et patronat
Cet épisode pourrait marquer un tournant dans la relation entre le monde économique et la classe politique. Alors que la campagne présidentielle s’annonce longue, les patrons pourraient être tentés de durcir leurs exigences ou de privilégier des rencontres plus ciblées. Certains observateurs évoquent également un risque de désaffection croissante des milieux d’affaires vis-à-vis d’un débat politique jugé trop éloigné des réalités de terrain. Toutefois, il serait prématuré de conclure à une rupture définitive. Les prochaines échéances, notamment les conventions thématiques et les débats intermédiaires, offriront aux candidats l’occasion de préciser leurs programmes économiques. La question demeure de savoir si ces derniers sauront transformer l’essai et répondre, cette fois, aux attentes concrètes formulées par les entrepreneurs français.