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«On n’y comprend rien» : le principal syndicat des chefs d’établissement rejette le «temps de démocratie» proposé par Sébastien Lecornu

Une · · Par Claire BERNARD

«On n’y comprend rien» : le principal syndicat des chefs d’établissement rejette le «temps de démocratie» proposé par Sébastien Lecornu

## Le principal syndicat des chefs d'établissement rejette le « temps de démocratie » proposé par Sébastien Lecornu Le premier ministre Sébastien Lecornu a prop

## Le principal syndicat des chefs d'établissement rejette le « temps de démocratie » proposé par Sébastien Lecornu Le premier ministre Sébastien Lecornu a proposé, mardi 6 octobre, de rétablir le dialogue avec les lycéens en colère grâce à une demi-journée de discussion, censée offrir « aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations et faire part de leurs attentes ». Une initiative que le principal syndicat des chefs d'établissement refuse d'organiser, selon des informations rapportées par Le Figaro. ## Un refus motivé par un manque de clarté Le SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement, a fait savoir qu'il n'organiserait pas le « temps de démocratie » réclamé par le premier ministre. Olivier Beaufrere, proviseur et secrétaire national éducation et pédagogique du syndicat, dénonce un manque « d'indications sur ce qui est attendu », ainsi qu'un problème de « temporalité » et de « forme » dans la proposition gouvernementale. « On ne peut pas revenir à la normalité aussi rapidement dans des établissements encore en blocage », affirme-t-il, cité par Le Figaro. Ce refus illustre la défiance d'une partie des chefs d'établissement face à une mesure jugée précipitée, alors que plusieurs lycées demeurent perturbés par des mouvements de protestation. ## Une « cacophonie » dénoncée dans les annonces gouvernementales Au-delà du rejet de la mesure, le syndicat pointe une incohérence dans la communication de l'exécutif. « On n'y comprend rien. Hier à l'Assemblée, le premier ministre a parlé d'une banalisation complète de trois jours de cours. Puis, le ministre de l'Éducation nationale a rétropédalé », déplore Olivier Beaufrere, qui dénonce une « cacophonie » dans les annonces du gouvernement. Cette confusion apparente, entre déclarations à l'Assemblée nationale et ajustements ministériels, pourrait fragiliser la crédibilité de la réponse gouvernementale face à une mobilisation lycéenne qui, selon les sources citées, ne faiblit pas. ## Un contexte de mobilisation persistante La proposition du premier ministre s'inscrit dans un contexte de tensions dans les établissements scolaires. Des lycéens et des étudiants français ont manifesté à Paris le 6 octobre, soutenus notamment par des enseignants, des associations de parents et des syndicats de l'éducation, comme l'a rapporté Le Figaro. La demi-journée de discussion envisagée visait précisément à répondre à cette colère en offrant un cadre d'expression aux élèves. Toutefois, l'absence de cadrage précis — sur le contenu, le calendrier ou les modalités — semble avoir suffi à faire échouer l'initiative auprès des principaux intéressés, les chefs d'établissement, qui auraient dû en assurer la mise en œuvre sur le terrain. ## Une mise en œuvre compromise Le refus du SNPDEN-Unsa pourrait compromettre la tenue effective de ce « temps de démocratie » dans de nombreux établissements. En effet, sans l'appui des proviseurs et des personnels de direction, la mesure risque de rester lettre morte ou de ne s'appliquer que de manière très inégale selon les territoires. Cette situation souligne la difficulté pour l'exécutif d'imposer une réponse rapide à une crise sociale sans avoir préalablement sécurisé le concours de ses relais institutionnels. D'autant plus que le syndicat évoque explicitement une « temporalité » inadaptée, laissant entendre que le retour à la normale ne pourrait être décrété tant que les blocages persistent. ## Une sortie de crise encore incertaine À ce stade, aucune nouvelle proposition n'a été annoncée par le gouvernement pour contourner le refus syndical. La question reste donc ouverte de savoir comment l'exécutif entend renouer le dialogue avec les lycéens sans l'appui des chefs d'établissement, acteurs incontournables de toute médiation en milieu scolaire. Cette séquence pourrait, selon plusieurs observateurs, peser sur la suite des négociations si le climat de défiance entre le ministère et les représentants des personnels de direction venait à s'installer durablement.