«On a l’impression de bricoler à chaque fois» : avec 35 °C dans les classes, la canicule met les élèves et les enseignants à la peine

Vague de chaleur : des écoles sous 35°C, entre fermetures et adaptations de fortune Alors qu'une nouvelle vague de chaleur traverse la France depuis le début de
Vague de chaleur : des écoles sous 35°C, entre fermetures et adaptations de fortune
Alors qu'une nouvelle vague de chaleur traverse la France depuis le début de la semaine, les établissements scolaires se retrouvent en première ligne. Avec des températures dépassant les 35°C dans certaines salles de classe, enseignants, élèves et parents tentent de s'organiser face à un phénomène qui semble se répéter chaque année. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 22 juin 2026, plus de 1 300 écoles ont déjà fermé leurs portes, tandis que d'autres aménagent tant bien que mal l'accueil des enfants pour éviter les coups de chaud, dans un contexte où les climatiseurs restent rares.
Une canicule qui perturbe le quotidien scolaire
Dans le 19e arrondissement de Paris, à l'école primaire Eugénie-Cotton, le scénario est similaire à celui de nombreux établissements. Interrogé par Le Figaro, un père d'élève confiait ce lundi matin : « À la fin de la semaine dernière, on nous a dit qu'il faisait 30°C dans les salles de classe. Alors, ces prochains jours, je n'imagine pas à combien le mercure va grimper… » Une inquiétude partagée par de nombreux parents, qui équipent leurs enfants de bouteilles d'eau, casquettes et vêtements légers, comme en témoignent les scènes décrites sur le trottoir de l'école. Selon le quotidien, certaines écoles enregistraient dimanche après-midi une température de plus de 35°C dans leurs classes, un niveau qui rend les conditions d'apprentissage particulièrement difficiles, voire dangereuses pour les plus jeunes.
Des mesures d'urgence et des aménagements sous tension
Face à cette situation, les autorités académiques ont dû prendre des décisions rapides. Le Figaro rapporte que plusieurs convocations au bac ont été reportées, une mesure exceptionnelle qui souligne l'ampleur de la perturbation. Dans les écoles restées ouvertes, l'organisation est souvent improvisée. « On a l'impression de bricoler à chaque fois », résume un enseignant cité par le journal, traduisant un sentiment d'impuissance et de manque de préparation face à des épisodes caniculaires qui tendent à se multiplier. Les solutions mises en place sont variables : fermeture des volets, ventilation naturelle, réorganisation des emplois du temps pour éviter les heures les plus chaudes, mais rarement de climatisation, un équipement encore peu répandu dans les bâtiments scolaires français, souvent anciens et mal isolés.
Un phénomène récurrent qui interroge sur l'avenir
Cette situation n'est pas inédite. Chaque été, les vagues de chaleur mettent en lumière les lacunes structurelles du parc scolaire français. Le report des épreuves du baccalauréat constitue un signal fort, mais les solutions pérennes tardent à se concrétiser. Les enseignants et les parents d'élèves dénoncent régulièrement le manque d'investissement dans l'isolation thermique et les systèmes de refroidissement passifs ou actifs. Alors que les épisodes de canicule devraient se multiplier dans les années à venir sous l'effet du changement climatique, la question de l'adaptation des écoles devient un enjeu de santé publique et d'égalité des chances. Les disparités entre établissements, selon leur localisation et leur date de construction, pourraient creuser les inégalités d'accès à un environnement d'apprentissage sain. L'urgence semble désormais moins conjoncturelle que structurelle, appelant à une réflexion de fond sur la rénovation du bâti scolaire et l'organisation des calendriers académiques.