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On leur impose la flexibilité (CDD, intérim, stage...), ils l'imposent en retour à leur boss: les jeunes sont majoritairement satisfaits au travail pourtant un tiers d'entre eux veut en changer

Economie · · Par Julie MOREAU

On leur impose la flexibilité (CDD, intérim, stage...), ils l'imposent en retour à leur boss: les jeunes sont majoritairement satisfaits au travail pourtant un tiers d'entre eux veut en changer

## Jeunes actifs : le paradoxe de la satisfaction qui n’empêche pas l’envie de changer Plus d’un tiers des jeunes actifs déclarent souhaiter une réorientation p

## Jeunes actifs : le paradoxe de la satisfaction qui n’empêche pas l’envie de changer Plus d’un tiers des jeunes actifs déclarent souhaiter une réorientation professionnelle, y compris parmi ceux qui affirment pourtant se réaliser pleinement dans leur emploi actuel. Cette contradiction apparente, mise en lumière par une étude du Cereq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), interroge sur le rapport singulier qu’entretient cette génération avec le travail. Entre intériorisation des normes de flexibilité, parcours scolaires jugés rigides et aspirations de sens, les explications sont multiples et dessinent un paysage professionnel inédit. ### Un niveau de satisfaction élevé, mais une forte propension à vouloir partir Selon les travaux des chercheurs du Cereq, relayés par BFM Business, les jeunes en emploi déclarent majoritairement des niveaux élevés de satisfaction et d’épanouissement professionnel. Pour autant, ce constat positif ne se traduit pas par une fidélité à tout épreuve. Les données recueillies indiquent ainsi que plus d’un jeune sur cinq en activité recherche activement un autre emploi en parallèle de celui qu’il occupe. Cette aspiration à la mobilité concerne logiquement en premier lieu les jeunes qui disent ne pas se réaliser dans leur travail, mais le phénomène ne se cantonne pas à cette catégorie. Le chiffre le plus frappant reste celui des intentions de réorientation : plus d’un tiers des jeunes interrogés disent souhaiter changer de voie professionnelle. Ce pourcentage ne décroît que marginalement parmi ceux qui déclarent pourtant trouver un épanouissement dans leur poste actuel. Autrement dit, être heureux au travail ne suffit plus à retenir une partie significative de cette génération, qui semble envisager sa carrière comme un parcours évolutif plutôt que comme une trajectoire linéaire. ### Des motifs de reconversion qui varient selon le niveau de diplôme L’étude du Cereq apporte un éclairage précis sur la nature de ces envies de mobilité. Dans le détail, la grande majorité des jeunes concernés souhaitent changer de métier (92 %) ou de secteur d’activité (84 %). Une proportion plus réduite, mais non négligeable, aspire à modifier son lieu de vie (34 %), une option davantage privilégiée par les profils les plus diplômés. Les motivations profondes de ces reconversions diffèrent sensiblement en fonction du niveau d’éducation atteint. Les jeunes titulaires d’un bac+5 ou plus se montrent ainsi moins en quête d’une augmentation de rémunération ou d’une amélioration de leurs conditions de travail. Leur aspiration se porte davantage sur la recherche de sens dans leur activité professionnelle. À l’inverse, les jeunes moins diplômés apparaissent davantage motivés par des considérations plus matérielles, comme le salaire ou la qualité des conditions d’emploi. ### Des parcours scolaires rigides comme facteur explicatif Pour tenter de comprendre ce paradoxe d’une jeunesse globalement satisfaite mais désireuse de changement, les chercheurs du Cereq avancent plusieurs pistes. La première tient à la spécificité des parcours scolaires français, souvent décrits comme linéaires et particulièrement rigides. Les jeunes seraient ainsi « embarqués » dans des trajectoires prédestinées, choisies parfois plus par défaut que par réelle vocation, et ressentiraient le besoin de s’en échapper une fois entrés dans la vie active. Cette hypothèse rejoint le constat d’une génération qui a massivement intériorisé les normes de flexibilité imposées par le marché du travail (CDD, intérim, stages) et qui les retournerait désormais contre leurs employeurs. Ayant appris à composer avec l’instabilité, les jeunes actifs n’hésiteraient plus à envisager des changements radicaux d’orientation, dans une logique de réappropriation de leur trajectoire professionnelle. Cette lecture suggère que la mobilité, subie pendant les premières années de carrière, deviendrait progressivement un outil d’autonomie et de revendication d’un travail davantage porteur de sens.