On frôle les 2 arrêts de travail par an et par salarié en moyenne: l'absentéisme bat un record en France au moment où le gouvernement prépare un nouveau tour de vis

## L'absentéisme en France atteint un niveau record, un casse-tête pour le gouvernement Le taux d'absentéisme dans les entreprises françaises a atteint 4,68 % e
## L'absentéisme en France atteint un niveau record, un casse-tête pour le gouvernement
Le taux d'absentéisme dans les entreprises françaises a atteint 4,68 % en 2025, son plus haut niveau depuis 2022, selon l'observatoire du groupe de protection sociale Apicil dévoilé ce jeudi 24 septembre. Cette progression de 0,27 point par rapport à 2024 intervient au moment où l'exécutif prépare un nouveau tour de vis sur les arrêts de travail, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale.
## Une hausse portée par les arrêts longs
La dynamique de cette dégradation est clairement identifiée. Selon Apicil, la progression "provient essentiellement de l'augmentation de la part des arrêts de plus de 90 jours (+0,21 point)", lesquels représentent désormais "plus de 50 % du taux d'absentéisme". Plus largement, les arrêts supérieurs à 30 jours constituent à eux seuls "plus de 73 % du taux d'absentéisme". Autrement dit, l'absentéisme français est de moins en moins un phénomène de courte durée et de plus en plus un enjeu de santé au long cours.
Parmi ces arrêts longs, les causes se répartissent de manière révélatrice : 42,75 % sont liés à des troubles psychiques et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques. La maladie demeure le premier motif d'arrêt, représentant 90,03 % du total. Fait nouveau, les temps partiels thérapeutiques s'installent au deuxième rang des motifs (4,57 %, en hausse de 32 % en proportion), devant les accidents du travail (4,41 %).
## Près de 28 % des salariés concernés
L'ampleur du phénomène se mesure aussi au nombre de personnes touchées. Près de 28 % des salariés ont eu au moins un arrêt de travail dans l'année, avec une moyenne de 1,90 arrêt par collaborateur absent. On frôle donc les deux arrêts annuels par salarié concerné, un niveau inédit.
Les disparités entre catégories professionnelles restent marquées. Les ouvriers affichent un taux d'absentéisme de 6,52 %, contre 2,52 % pour les cadres. Les seniors sont davantage touchés (5,92 %) que les moins de 30 ans (3,54 %). Les femmes présentent un taux de 5,60 %, contre 3,76 % pour les hommes. Enfin, les salariés en CDI sont nettement plus concernés (4,97 %) que ceux en CDD (1,99 %).
## Un argument pour Lecornu
Ces résultats fournissent des arguments au Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a fait des arrêts maladie "la mère des batailles" des prochains débats sur le budget de la Sécu pour 2027. Le gouvernement entend réduire la dépense associée à ces arrêts, dont la croissance pèse sur les comptes sociaux.
Reste à savoir quelles mesures seront retenues et quel sera leur impact réel. La structure des arrêts — dominée par les pathologies longues et les troubles psychiques — suggère que les leviers purement financiers pourraient avoir une efficacité limitée. Le débat budgétaire s'annonce donc tendu, entre impératif de maîtrise des dépenses et réalité sanitaire d'une population active de plus en plus exposée aux arrêts de longue durée.