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"On se dit que ce n’est pas possible" : la garde à vue des trois agents de l’ONF arrêtés pour le mégafeu de l’Aude prolongée

Une · · Par Claire BERNARD

# "On se dit que ce n'est pas possible" : la garde à vue des trois agents de l'ONF arrêtés pour le mégafeu de l'Aude prolongée Dix mois après l'incendie dévasta

# "On se dit que ce n'est pas possible" : la garde à vue des trois agents de l'ONF arrêtés pour le mégafeu de l'Aude prolongée Dix mois après l'incendie dévastateur qui a ravagé près de 11 000 hectares dans le massif des Corbières, l'enquête judiciaire prend un tournant inattendu. Trois agents de l'Office national des forêts (ONF) ont été placés en garde à vue et celle-ci a été prolongée, selon des informations rapportées par nos confrères de *Midi Libre*. Les investigations des gendarmes porteraient sur la possibilité que ces fonctionnaires aient involontairement provoqué le départ de feu avec un mégot de cigarette. ## Une piste qui interroge les proches des mis en cause Selon des sources proches de l'enquête citées par *Midi Libre*, la prolongation de la garde à vue des trois agents de l'ONF suscite une vive incompréhension parmi leurs proches. "On se dit que ce n'est pas possible", aurait confié l'un d'eux, exprimant le sentiment de sidération qui prévaut dans l'entourage des suspects. Les trois hommes, qui travaillent depuis des années dans le secteur forestier et connaissent parfaitement les risques liés aux incendies, n'auraient jamais imaginé se retrouver dans une telle situation. Les faits remontent à l'été 2023, lorsqu'un mégafeu d'une ampleur exceptionnelle a parcouru les Corbières, détruisant des milliers d'hectares de forêt et menaçant des habitations. Les dégâts environnementaux et économiques ont été considérables, et l'enquête ouverte par le parquet de Narbonne n'a cessé de progresser depuis. Les investigations se seraient récemment orientées vers la piste d'une imprudence commise par des agents de l'ONF présents dans le secteur au moment du départ de feu. ### Les circonstances du départ de feu en question D'après des éléments recueillis par les enquêteurs, les trois agents de l'ONF effectuaient une mission de surveillance dans le massif des Corbières le jour du sinistre. Les gendarmes chercheraient à déterminer si l'un d'eux a pu laisser tomber un mégot de cigarette encore allumé, ce qui aurait déclenché l'incendie dans des conditions météorologiques particulièrement sèches et venteuses. Cette hypothèse technique, si elle se confirmait, transformerait un drame naturel en possible accident humain. Les agents concernés, qui bénéficiaient jusqu'alors d'une réputation irréprochable au sein de l'ONF, auraient été entendus longuement par les enquêteurs. Leur garde à vue, initialement limitée à 24 heures, a été prolongée en raison de la complexité des vérifications à effectuer. Les experts en incendie travailleraient à reconstituer la chronologie précise des événements, en croisant les témoignages, les données météorologiques et les analyses de terrain. ## Des conséquences professionnelles et judiciaires potentiellement lourdes Si la piste du mégot de cigarette était retenue, les trois agents de l'ONF pourraient être poursuivis pour destruction de forêt par imprudence, un délit passible de plusieurs années d'emprisonnement et d'une lourde amende. Le préjudice, évalué à plusieurs dizaines de millions d'euros, inclut non seulement la perte de la ressource forestière mais aussi les coûts de lutte contre l'incendie et de réhabilitation des sols. Sur le plan professionnel, leur situation au sein de l'ONF serait également compromise. L'office, qui emploie plusieurs milliers d'agents chargés de la gestion et de la protection des forêts publiques, a indiqué suivre l'affaire avec attention tout en rappelant le principe de présomption d'innocence. Une éventuelle condamnation pourrait entraîner des sanctions disciplinaires allant jusqu'au licenciement. L'enquête, menée par la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier sous l'autorité du parquet de Narbonne, devrait se poursuivre dans les prochains jours. Les investigations techniques, notamment l'analyse des téléphones portables et des véhicules des agents, pourraient apporter des éléments déterminants. En attendant, la communauté forestière locale reste sous le choc, partagée entre la nécessité de faire la lumière sur ce drame et la difficulté d'imaginer que des professionnels de la forêt aient pu être à l'origine de la catastrophe. Cette affaire, qui mêle tragédie environnementale et drame humain, illustre la complexité des enquêtes sur les incendies de grande ampleur, où les causes naturelles et les interventions humaines s'entremêlent parfois de manière inattendue. Les prochains jours devraient permettre de préciser les charges qui pèsent sur les trois agents de l'ONF, tandis que les victimes de l'incendie attendent des réponses sur les circonstances exactes du sinistre qui a marqué l'histoire des Corbières.