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"On demande un peu de compassion": les salariés de La Poste qui n'ont pas pu aller travailler à cause des incendies en Gironde devront poser des congés ou rattraper leurs heures

Economie · · Par Julie MOREAU

# Incendies en Gironde : La Poste demande aux salariés bloqués de poser des congés ou de rattraper leurs heures Alors que les incendies ont ravagé des milliers

# Incendies en Gironde : La Poste demande aux salariés bloqués de poser des congés ou de rattraper leurs heures Alors que les incendies ont ravagé des milliers d'hectares en Gironde cet été, de nombreux salariés de La Poste n'ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail. L'entreprise a choisi de maintenir leur rémunération, mais à condition qu'ils posent des jours de congé ou rattrapent leurs heures, une décision qui suscite la colère des syndicats et de certains employés. ## Une organisation du travail fortement perturbée par les feux Les incendies qui ont touché le département de la Gironde durant l'été ont profondément désorganisé l'activité postale locale. Selon les informations rapportées par *Sud Ouest*, pas moins de 20 bureaux de poste ont dû fermer leurs portes, tout comme la plateforme de Cestas, qui assure le tri du courrier pour dix départements du Sud-Ouest. Cette fermeture a immobilisé environ 700.000 plis, privant de nombreux foyers de leur courrier pendant plusieurs jours. Dans ce contexte, les employés dont le lieu de travail était fermé se sont tout simplement retrouvés dans l'impossibilité d'exercer leurs fonctions. Une situation indépendante de leur volonté, mais que La Poste entend néanmoins régulariser d'une manière qui interpelle. ## La Poste demande un rattrapage des heures ou le recours aux congés Confrontée à ces journées de travail perdues, la direction de La Poste a opté pour le maintien des salaires, mais assorti d'une condition : les salariés concernés devront rattraper ces heures "à raison d'une heure par jour maximum", comme l'explique Johnny Perré, délégué syndical CGT-FATP du département, dans une vidéo publiée sur Facebook. Une modalité que le syndicaliste qualifie d'"heures supplémentaires non payées", soulevant la question de la rémunération de ce temps de travail additionnel. Pour les salariés ayant été évacués de leur domicile en raison de l'approche des flammes ou des fumées, la consigne est différente mais tout aussi contraignante : La Poste leur demande de poser des jours de congé s'ils ne se présentent pas au travail. Une exigence qui revient à faire supporter aux employés les conséquences d'une situation qu'ils n'ont pas provoquée. ## Une "double peine" dénoncée par les salariés et les syndicats Cette décision est vécue comme une injustice par plusieurs employés. Une factrice interrogée par *France 3 Aquitaine* dans un article publié le 29 juillet témoigne : "On n'est pas responsable de ce qu'il se passe. Je suis allée me réfugier loin du feu car en tant qu'asthmatique, j'ai peur des fumées toxiques. Les autorités n'ont pas encore autorisé le retour des habitants dans ma ville, et les routes sont fermées." Son témoignage illustre la détresse de salariés qui, en plus de subir les conséquences directes des incendies, doivent faire face à des exigences administratives jugées déconnectées de la réalité du terrain. Le délégué syndical CGT-FATP résume le sentiment général : "C'est complètement inadmissible (...). Ce qu'on demande c'est un peu d'empathie, un peu de compassion pour nos collègues en difficulté qui dorment dans" des conditions précaires. La formule "double peine" revient fréquemment dans les témoignages, tant les salariés estiment subir deux fois les conséquences de la catastrophe. ## Une décision qui pourrait créer un précédent Au-delà du cas girondin, cette situation interroge sur la politique de gestion des ressources humaines de La Poste en cas d'événements exceptionnels. Alors que les épisodes de feux de forêt risquent de se multiplier avec le réchauffement climatique, la question de la prise en charge des salariés empêchés de travailler pour des raisons indépendantes de leur volonté pourrait devenir récurrente. Les syndicats appellent à une révision de cette politique, estimant que la solidarité devrait primer dans de telles circonstances. La direction de La Poste, de son côté, n'a pas communiqué officiellement sur le sujet, laissant planer le doute sur une éventuelle évolution de sa position.