« On se croirait à Medellín » : à Marseille, une enquête ouverte après la diffusion d’une vidéo de tirs à l’arme de guerre

INFO LE FIGARO – Plusieurs vidéos montrant des tirs à l’arme de guerre dans la cité des Rosiers, dans les quartiers nord de Marseille, ont été diffusées sur les
INFO LE FIGARO – Plusieurs vidéos montrant des tirs à l’arme de guerre dans la cité des Rosiers, dans les quartiers nord de Marseille, ont été diffusées sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, tandis que les autorités tentent de déterminer si ces images relèvent d’une démonstration de force liée au narcotrafic ou d’une mise en scène orchestrée pour le tournage d’un clip de rap.
Une vidéo qui interroge et inquiète
Selon des informations rapportées par Le Figaro le 3 juillet 2026, la séquence, d’une durée de quelques secondes, montre plusieurs individus ouvrant le feu simultanément depuis la coursive d’un immeuble de la cité des Rosiers, un secteur régulièrement associé au trafic de stupéfiants. Les images, qualifiées d’« ahurissantes » par le quotidien, ont rapidement circulé sur des boucles Telegram et des comptes Snapchat spécialisés dans le suivi de l’actualité criminelle marseillaise. L’une des légendes accompagnant la publication évoque un parallèle avec la ville colombienne de Medellín, tristement célèbre pour la violence des cartels, avec la mention : « On se croirait à Medellín ».
Le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « violences volontaires en réunion avec arme » et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ». Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle de la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône. Toutefois, l’authenticité des armes utilisées dans la vidéo n’est pas encore établie. Les protagonistes de la séquence auraient été mobilisés pour le tournage d’un clip de rap, ce qui pourrait indiquer une mise en scène. Les enquêteurs devront déterminer si les armes étaient réelles ou factices, et si des munitions ont été tirées à blanc ou à balles réelles.
Un phénomène de communication criminelle en expansion
Cette diffusion s’inscrit dans un contexte plus large de communication décomplexée des réseaux criminels marseillais. En octobre 2024, la France avait déjà été marquée par la publication d’un véritable « communiqué » de la DZ Mafia, un groupe criminel local, qui se vantait de posséder « assez d’hommes, de véhicules et de moyens » pour « agir (s’ils en étaient obligés) ». Cette séquence avait constitué un tournant dans la criminalité organisée française, montrant une volonté d’exposition médiatique et d’intimidation via les réseaux sociaux.
Depuis lors, d’autres vidéos, tout aussi spectaculaires, ont émergé sur les mêmes canaux. Selon des sources proches du dossier, les narcotrafiquants utiliseraient désormais ces plateformes comme un canal d’information parallèle, cherchant à afficher leur puissance et à envoyer des messages à leurs rivaux ou aux forces de l’ordre. La vidéo de la cité des Rosiers, bien que peut-être partiellement mise en scène, participe de cette logique de démonstration de force. Les autorités locales s’inquiètent de la banalisation de ces images, qui pourraient contribuer à un sentiment d’insécurité dans les quartiers concernés et à une escalade dans les modes d’expression de la violence.
Les enjeux de l’enquête et les réactions politiques
L’enquête en cours devra faire la lumière sur le rôle exact des individus filmés et sur l’origine des armes. Si les armes s’avéraient réelles, les faits pourraient relever de la législation sur les armes à feu et du trafic d’armes, aggravant les charges potentielles. Le parquet de Marseille, qui a fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité, pourrait également requalifier les faits en « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime », si une intention criminelle plus large est démontrée.
Sur le plan politique, plusieurs élus locaux ont réagi à la diffusion de cette vidéo. Le maire des quartiers nord a dénoncé une « provocation inacceptable » et appelé à un renforcement des moyens de police dans le secteur. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a indiqué que des patrouilles supplémentaires seraient déployées dans la cité des Rosiers dans les jours à venir. Toutefois, la frontière entre la mise en scène artistique et la démonstration criminelle reste floue, et les enquêteurs devront faire preuve de prudence pour ne pas confondre les deux registres. La décision finale sur la nature des faits pourrait prendre plusieurs semaines, en attendant les analyses balistiques et les auditions des personnes identifiées sur les images.