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«On est comme en compétition tout le temps» : les signaux d’alerte d’une santé mentale adolescente sous pression

Une · · Par Claire BERNARD

«On est comme en compétition tout le temps» : les signaux d’alerte d’une santé mentale adolescente sous pression

Selon l'étude Mentalo, menée par l'Inserm et relayée par Le Figaro, la scolarité et les usages numériques pèsent désormais lourdement sur le bien-être des adole

Selon l'étude Mentalo, menée par l'Inserm et relayée par Le Figaro, la scolarité et les usages numériques pèsent désormais lourdement sur le bien-être des adolescents français, en particulier des filles. Une pression qui se traduit par des signaux d'alerte de plus en plus visibles chez une population jeune confrontée à un sentiment de compétition permanente. ## Une enquête nationale aux conclusions préoccupantes L'étude Mentalo, pilotée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), constitue l'une des rares enquêtes d'envergure menée en France sur la santé mentale des adolescents. D'après les éléments rapportés par Le Figaro, les résultats mettent en évidence un mal-être croissant chez les jeunes, alimenté par deux facteurs principaux : la pression scolaire et l'exposition aux usages numériques. Ces conclusions s'inscrivent dans un contexte où les consultations pour troubles anxieux ou dépressifs chez les moins de 18 ans auraient augmenté de manière significative ces dernières années, selon plusieurs observateurs du secteur sanitaire. ## La scolarité, premier facteur de tension Le système scolaire français, structuré autour d'évaluations continues et d'orientations précoces, pourrait amplifier le sentiment de compétition ressenti par les adolescents. D'après les données de l'étude, la scolarité apparaît comme l'une des principales sources de stress identifiées par les jeunes interrogés. Cette pression serait d'autant plus marquée que les parcours scolaires conditionnent largement l'accès à l'enseignement supérieur et, par extension, à l'insertion professionnelle. En effet, la course aux mentions, aux filières sélectives et aux classements semble instaurer un climat où chaque résultat est perçu comme déterminant, ce qui pourrait fragiliser l'équilibre psychologique de certains élèves. ## Le numérique, un amplificateur de comparaison sociale Par ailleurs, les usages numériques occupent une place centrale dans l'analyse livrée par l'Inserm. Les réseaux sociaux, en exposant les adolescents à des représentations idéalisées de la réussite et de l'apparence, favoriseraient des mécanismes de comparaison permanente. Cette dynamique semblerait toucher plus durement les filles, davantage confrontées à des injonctions esthétiques et sociales. Selon les éléments rapportés, le temps d'écran et l'intensité des interactions en ligne pourraient constituer des indicateurs pertinents pour repérer les jeunes en situation de vulnérabilité. Toutefois, les chercheurs appellent à la prudence : la corrélation entre usage numérique et mal-être ne signifie pas nécessairement causalité directe. ## Des disparités de genre marquées L'étude Mentalo souligne également une différence notable entre les filles et les garçons. Les adolescentes déclareraient davantage de symptômes liés à l'anxiété, au stress et à la baisse d'estime de soi. Ce constat rejoindrait les observations de plusieurs travaux internationaux, notamment ceux menés par l'Organisation mondiale de la santé, qui pointent une dégradation plus rapide de la santé mentale chez les jeunes filles. Cette vulnérabilité accrue pourrait s'expliquer par une combinaison de facteurs sociaux, culturels et biologiques, sans qu'une explication unique ne puisse être retenue à ce stade. ## Vers une meilleure détection des signaux faibles Face à ces constats, la question de la détection précoce des signaux d'alerte devient centrale. Les professionnels de santé, les enseignants et les familles seraient appelés à mieux repérer les changements de comportement, l'isolement ou la baisse de motivation. Des dispositifs de soutien psychologique existent, mais leur accessibilité demeure inégale sur le territoire. Le sujet pourrait s'imposer dans les prochains mois comme un enjeu de santé publique majeur, à mesure que les données de l'étude Mentalo seront diffusées et discutées par la communauté scientifique.