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«On se balade en maillot de bain pour survivre» : dans les logements mal isolés, la chaleur devient un cauchemar pour les Français

Une · · Par Claire BERNARD

«On se balade en maillot de bain pour survivre» : dans les logements mal isolés, la chaleur devient un cauchemar pour les Français

# «On se balade en maillot de bain pour survivre» : dans les logements mal isolés, la chaleur devient un cauchemar pour les Français Alors qu'une vague de chale

# «On se balade en maillot de bain pour survivre» : dans les logements mal isolés, la chaleur devient un cauchemar pour les Français Alors qu'une vague de chaleur précoce frappe l'Hexagone en ce mois de juin, avec des températures atteignant jusqu'à 39 degrés dans certaines régions, de nombreux habitants de logements mal isolés se retrouvent confrontés à des conditions de vie particulièrement éprouvantes. Ce mardi 26 mai, huit départements de l'Ouest ont été placés en vigilance orange canicule, et ils seront treize dans ce cas mercredi, selon les informations rapportées par Le Figaro. Ventilateurs, volets fermés, adaptation du rythme quotidien : les témoignages recueillis par nos confrères illustrent la détresse silencieuse des occupants de « passoires thermiques », ces logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), mais aussi ceux classés E, qui peinent à conserver une température supportable. ## Des journées «les plus dures de l'année» pour les occupants de logements mal isolés Dans le 15e arrondissement de Paris, Amaury, 27 ans, décrit un quotidien devenu difficile à supporter. «Ça fait partie des journées les plus dures de l'année», souffle-t-il au Figaro, lui qui vit dans un appartement classé E au DPE. Ce salarié d'un garage de voitures raconte fonctionner au ralenti dès que la chaleur s'installe : «À partir du moment où il fait chaud et qu'il n'y a plus beaucoup d'air, je fonctionne au ralenti. Je n'ai plus faim, j'ai du mal à bouger... C'est vraiment compliqué». Son témoignage n'est pas isolé. Dans les rues de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), un homme a été aperçu remontant les rues avec un ventilateur sous le bras, ayant préféré anticiper les fortes chaleurs. La situation semble d'autant plus préoccupante que cette vague de chaleur intervient précocement, en juin, alors que le mercure dépasse déjà les 35 degrés dans plusieurs régions. ## Un phénomène qui touche des millions de Français Selon les données disponibles, environ 5,2 millions de logements en France sont considérés comme des « passoires thermiques », c'est-à-dire classés F ou G au DPE. Mais les témoignages recueillis par Le Figaro montrent que les logements classés E, comme celui d'Amaury, sont également concernés par des conditions de vie difficiles lors des épisodes de canicule. Le phénomène ne se limite pas aux grandes métropoles : les huit départements de l'Ouest placés en vigilance orange ce mardi, et les treize attendus mercredi, pourraient voir leurs habitants confrontés aux mêmes difficultés. Les solutions de fortune se multiplient : fermeture des volets en journée, utilisation intensive de ventilateurs, déplacement dans les espaces climatisés publics ou privés. Certains résidents, comme le rapportent nos confrères, n'hésitent pas à « se balader en maillot de bain pour survivre » dans leur propre logement, une expression qui en dit long sur le désarroi des occupants face à des températures intérieures devenues insupportables. ## Les enjeux sanitaires et sociaux d'une isolation défaillante Au-delà de l'inconfort, ces conditions de logement soulèvent des questions sanitaires majeures. Les vagues de chaleur, dont la fréquence et l'intensité augmentent avec le changement climatique, représentent un risque pour la santé publique, notamment pour les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de pathologies chroniques. Les logements mal isolés, qui conservent la chaleur accumulée durant la journée, deviennent de véritables fournaises la nuit, empêchant tout rafraîchissement nécessaire à la récupération de l'organisme. Les témoignages recueillis par Le Figaro montrent que les habitants adaptent leur quotidien de manière parfois radicale : modification des horaires de sommeil, repas froids, déplacements réduits au strict minimum. Cette situation pourrait également avoir des conséquences économiques, avec une augmentation possible des demandes d'aide pour l'installation de systèmes de climatisation ou de ventilation, sans parler des tensions sur le réseau électrique que pourrait générer l'usage massif de ces équipements. ## Une question qui interpelle les pouvoirs publics Alors que la France s'apprête à connaître un été potentiellement marqué par plusieurs épisodes caniculaires, la question de l'isolation thermique des logements se pose avec une acuité renouvelée. Les dispositifs existants, comme MaPrimeRénov' ou les aides de l'Anah, visent à encourager les travaux de rénovation énergétique, mais leur mise en œuvre reste souvent complexe et coûteuse pour les ménages modestes. Les témoignages recueillis par Le Figaro illustrent le décalage entre les objectifs affichés de rénovation thermique et la réalité vécue par des millions de Français, contraints de subir des conditions de logement indignes lors des épisodes de forte chaleur. La vigilance orange canicule déclenchée dans plusieurs départements de l'Ouest pourrait constituer un signal d'alarme supplémentaire pour les autorités, invitées à accélérer les programmes de rénovation et à mieux prendre en compte la question de la chaleur estivale dans les normes de construction et d'isolation.