Onyx Infos

"On avait des profils enfantins à l’Athanor, j’étais embrigadée" : l’ex-adepte charge le gourou du polyamour jugé pour viols

Une · · Par Claire BERNARD

## L’Athanor : une ex-adepte décrit un système d’emprise aux assises de l’Aude Le procès en appel de Jorge Martins Correia, ancien dirigeant de la communauté de

## L’Athanor : une ex-adepte décrit un système d’emprise aux assises de l’Aude Le procès en appel de Jorge Martins Correia, ancien dirigeant de la communauté de l’Athanor, s’est poursuivi cette semaine devant la cour d’assises de l’Aude. L’homme, déjà condamné en première instance à dix-huit ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur plusieurs de ses disciples, conteste cette décision. Selon des informations rapportées par Midi Libre, une ancienne adepte est venue témoigner à la barre, décrivant un fonctionnement communautaire marqué par l’emprise et la manipulation. ## Un témoignage qui décrit une mécanique d’emprise D’après les propos relayés par Midi Libre, l’ex-adepte a évoqué un environnement où « on avait des profils enfantins à l’Athanor », précisant qu’elle estimait avoir été « embrigadée ». Ce terme, employé devant la cour, renvoie à une dynamique d’influence progressive, documentée dans plusieurs affaires similaires jugées en France ces dernières années. Le témoignage suggérerait une organisation structurée autour de la figure centrale du gourou, présenté comme un promoteur du polyamour au sein du groupe. Ces éléments, s’ils étaient confirmés par la cour, pourraient peser dans l’appréciation des faits reprochés à l’accusé, qui encourt une peine identique à celle prononcée en première instance. ## La notion de « profils enfantins » au cœur des débats L’expression employée par l’ancienne disciple interroge sur les mécanismes de recrutement et de maintien des membres au sein de la communauté. Selon plusieurs travaux universitaires consacrés aux dérives sectaires, les groupes à caractère emprise privilégieraient souvent des personnalités en quête de repères, parfois jeunes ou en situation de vulnérabilité. En l’espèce, le parquet aurait retenu la circonstance aggravante de l’autorité morale exercée par le mis en cause sur ses victimes présumées. Toutefois, la défense contesterait cette lecture, arguant d’un consentement éclairé des participants aux pratiques dénoncées. Cette opposition entre emprise et consentement constituerait, selon des juristes spécialisés, l’un des points nodaux du procès en appel. ## Un procès en appel sous tension Jorge Martins Correia avait été condamné en première instance à dix-huit ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles. Le procès en appel, ouvert devant la cour d’assises de l’Aude, doit permettre de réexaminer l’ensemble des faits et des témoignages. Selon des sources judiciaires citées par Midi Libre, plusieurs anciennes adeptes devraient être entendues au cours des audiences à venir. Le verdict, attendu dans les prochains jours, pourrait confirmer, infirmer ou aménager la peine initiale. En effet, la cour d’appel dispose d’une latitude pleine pour réévaluer la qualification des faits et la responsabilité pénale de l’accusé. ## Une affaire qui relance le débat sur les dérives communautaires Au-delà du cas individuel, cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue à l’égard des mouvements à caractère sectaire. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) recense chaque année plusieurs centaines de signalements liés à des pratiques d’emprise, notamment dans des communautés se réclamant de spiritualité ou de libération sexuelle. Le procès de l’Athanor pourrait ainsi alimenter la réflexion sur les moyens juridiques de protection des personnes vulnérables. D’autant plus que la notion de consentement, dans un cadre d’emprise psychologique, demeure juridiquement complexe à établir. La cour d’assises de l’Aude devrait rendre sa décision dans les prochains jours, à l’issue des plaidoiries et réquisitions. Une issue qui, quelle qu’elle soit, devrait être suivie avec attention par les associations de victimes et les observateurs des phénomènes sectaires.