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"On attend un drame pour réagir ?"… Piscine, merguez, téléphone ou drogue, toujours plus de livraisons par drone en prison

Une · · Par Claire BERNARD

Le phénomène des livraisons par drone dans les établissements pénitentiaires français a franchi un nouveau palier, selon des informations rapportées par Midi Li

Le phénomène des livraisons par drone dans les établissements pénitentiaires français a franchi un nouveau palier, selon des informations rapportées par *Midi Libre*. Désormais, ce ne sont plus seulement du tabac, de la drogue ou des armes qui sont acheminés au-dessus des murs d'enceinte, mais également des objets du quotidien tels que des téléphones portables, des denrées alimentaires comme des merguez, voire des équipements de confort incluant des piscines gonflables. Face à cette professionnalisation croissante des opérations, les brouilleurs d'ondes installés dans plusieurs prisons sembleraient insuffisants pour endiguer un trafic qui interpelle les syndicats pénitentiaires, dont certains membres s'inquiètent ouvertement : « On attend un drame pour réagir ? » ### Une logistique aérienne qui se perfectionne Selon les éléments recueillis par *Midi Libre*, les méthodes employées par les coordinateurs de ces livraisons illicites n'ont plus rien d'artisanal. Les drones utilisés seraient capables de transporter des charges de plus en plus lourdes, avec une précision de largage qui témoignerait d'une préparation minutieuse et d'une connaissance fine des périmètres de sécurité. Les témoignages d'agents pénitentiaires, rapportés par le quotidien régional, évoquent des vols nocturnes répétés, parfois coordonnés depuis des véhicules stationnés à proximité des établissements. Cette évolution logistique s'accompagnerait d'une diversification des marchandises, répondant à une demande carcérale qui dépasse le simple cadre des substances interdites pour englober des biens de consommation courante. ### L'inefficacité relative des dispositifs anti-drone Le recours aux brouilleurs d'ondes, déployés dans certaines prisons à titre expérimental, ne constituerait pas une barrière infranchissable. D'après les constats effectués par les personnels de surveillance, les pilotes de drones parviendraient à contourner ces dispositifs en utilisant des fréquences alternatives ou en programmant des trajectoires préétablies qui neutralisent l'interférence au moment critique du largage. Par ailleurs, le coût élevé et les contraintes techniques liées à l'installation de ces équipements sur l'ensemble du parc pénitentiaire français limiteraient leur déploiement à grande échelle. Les syndicats, cités par *Midi Libre*, soulignent que ces technologies, bien qu'utiles, ne sauraient remplacer une stratégie globale incluant la détection, l'interception et la poursuite judiciaire des organisateurs. ### Des conséquences sécuritaires et sanitaires préoccupantes Au-delà de la simple infraction au règlement intérieur, ces livraisons aériennes posent des questions de sécurité majeure. L'introduction de téléphones portables permet aux détenus de maintenir un lien avec l'extérieur, facilitant potentiellement la coordination d'activités criminelles ou la pression exercée sur des victimes. La drogue, quant à elle, alimente des tensions entre détenus et peut générer des violences, comme l'ont montré plusieurs incidents récents dans des établissements du sud de la France. Les denrées alimentaires et objets de confort, bien que moins spectaculaires, contribueraient à créer un marché parallèle lucratif, dont les bénéfices financeraient possiblement d'autres trafics. Les personnels pénitentiaires, en première ligne, décrivent une escalade qui nécessiterait une réponse politique et judiciaire à la hauteur des enjeux. ### Vers une nécessaire adaptation des moyens de contrôle Face à ce constat, les autorités pénitentiaires exploreraient plusieurs pistes, allant du renforcement des sanctions contre les pilotes et complices à l'acquisition de systèmes de détection acoustique et radar plus performants. Cependant, selon les analyses relayées par *Midi Libre*, aucune solution technique unique ne semble en mesure de régler durablement le problème. La coopération entre les différents services de l'État, ainsi qu'une harmonisation des pratiques au niveau européen, pourraient constituer des axes de travail privilégiés. En attendant, le sentiment d'impuissance exprimé par certains agents, qui redoutent qu'un accident grave ou une émeute ne survienne avant qu'une action d'envergure ne soit engagée, demeure un indicateur de l'urgence à agir.