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"On arrive vraiment près du dénouement": une ultime audience pour déterminer le sort de Duralex et son potentiel repreneur (125 à 155 emplois sont en jeu)

Economie · · Par Julie MOREAU

L'avenir de Duralex se joue ce lundi 12 octobre devant le tribunal de commerce d'Orléans. La verrerie française, symbole du Made in France et de la résilience i

L'avenir de Duralex se joue ce lundi 12 octobre devant le tribunal de commerce d'Orléans. La verrerie française, symbole du Made in France et de la résilience industrielle, passe une ultime audience qui doit entériner la fin de son modèle coopératif et départager trois candidats à la reprise. Entre 125 et 155 emplois sont directement en jeu, selon les informations rapportées par BFM Business. ## Un cinquième redressement judiciaire en vingt ans Placée en redressement judiciaire le 1er juin dernier, Duralex traverse une nouvelle zone de turbulence. Il s'agit du cinquième redressement en une vingtaine d'années pour cette entreprise emblématique, dont les verres tempérés équipent les cantines scolaires françaises depuis des décennies. Cette récurrence illustre la fragilité structurelle d'un modèle industriel confronté à la concurrence internationale et à la hausse des coûts de l'énergie, notamment pour un site de production aussi énergivore que la verrerie. Malgré ce contexte difficile, l'espoir de sauver le fleuron industriel s'est ravivé au fil des semaines. L'objectif affiché par les parties prenantes : maintenir au moins la moitié des emplois actuels. « Une issue favorable pour Duralex était possible », a affirmé Suliman El Moussaoui, représentant syndical CFDT, à la mi-septembre, cité par BFM Business. ## Trois offres sur la table, deux jugées crédibles Le tribunal doit examiner lundi les trois offres déposées par les candidats à la reprise. Selon le représentant syndical, deux d'entre elles sont « bien avancées ». La première émane du groupe stéphanois Carlesimo, acteur industriel déjà implanté dans la région. La seconde est portée par l'entrepreneur français Cédric Meston, via sa holding Tomé. Ce dernier n'est pas un inconnu du monde des affaires : il est cofondateur de la start-up HappyVore, spécialisée dans les substituts végétaux à la viande, et a repris Tupperware France en 2025. Ces deux candidatures apparaissent donc comme les plus solides pour reprendre l'outil industriel et relancer l'activité. La troisième offre n'a pas été détaillée dans les éléments disponibles, mais elle semble susciter moins d'adhésion. ## L'urgence d'une décision La direction de l'entreprise a exprimé son optimisme sur le réseau social LinkedIn : « Après des mois de travail collectif, la relance de Duralex sera fixée lors d'une prochaine audience finale », donnant rendez-vous « pour la suite de l'aventure Made in France ». Une communication qui traduit la volonté de tourner la page de l'incertitude. Toutefois, la décision du tribunal pourrait être mise en délibéré à une date ultérieure, ce qui prolongerait l'attente des salariés. François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, a souligné l'importance du calendrier : « il y a une certaine forme d'urgence et je pense qu'on arrive vraiment près du dénouement », a-t-il estimé auprès de l'AFP. ## Un enjeu industriel et symbolique Au-delà des emplois directs, le dossier Duralex revêt une dimension symbolique forte. L'entreprise incarne une certaine idée de l'industrie française, celle d'un savoir-faire reconnu et d'une production locale face à la concurrence asiatique. Sa survie dépendra de la capacité du repreneur à redresser une activité structurellement déficitaire, tout en préservant l'outil de production et les compétences des salariés. Le tribunal de commerce d'Orléans rendra sa décision dans les prochains jours, voire les prochaines semaines. Pour les 125 à 155 salariés concernés, l'issue de cette audience déterminera non seulement leur avenir professionnel, mais aussi la pérennité d'un pan entier du patrimoine industriel français.