Omer Shem Tov, otage du Hamas pendant 505 jours: «J’étais l’esclave de mes geôliers»

## Omer Shem Tov, 505 jours dans les tunnels du Hamas : « J'étais l'esclave de mes geôliers » Le 7 octobre 2023, Omer Shem Tov, alors âgé de 22 ans, était enlev
## Omer Shem Tov, 505 jours dans les tunnels du Hamas : « J'étais l'esclave de mes geôliers »
Le 7 octobre 2023, Omer Shem Tov, alors âgé de 22 ans, était enlevé par le Hamas sur le site du festival de musique Nova, près du kibboutz Reïm, dans le sud d'Israël. Cinquante-trois jours après sa capture, il était transféré dans un tunnel souterrain. Il vient de publier un livre en hébreu et en anglais, *Meeting myself in hell* — « Seul avec moi-même en enfer » —, dans lequel il raconte sa détention. Selon les informations rapportées par RFI, le jeune homme, aujourd'hui âgé de 24 ans, s'est confié depuis le domicile de ses parents, près de Tel Aviv.
## Une capture aux portes de Gaza
D'après le récit recueilli par RFI, Omer Shem Tov a été enlevé en compagnie de deux amis, Itay et Maya Regev. « Alors que nous entrons dans Gaza, j'entends des gens crier, faire la fête. Je vois des mains se glisser à l'arrière de la camionnette pour essayer de nous attraper », relate-t-il. Le groupe est alors retenu dans une maison où résident une femme et des enfants. Le jeune homme dit avoir vu, devant lui, la jambe de Maya « pratiquement sectionnée ». Il décrit une scène où ses geôliers se comportent « comme si c'était normal, comme si c'était une bonne chose ».
Au bout d'une semaine, Maya Regev aurait été transférée à l'hôpital. Omer Shem Tov et Itay auraient alors été déplacés d'appartement en appartement pendant plusieurs semaines. Selon le témoignage publié, les trois otages ont passé cinquante-trois jours ensemble avant qu'Itay et Maya ne soient libérés dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu. Omer Shem Tov, lui, aurait été immédiatement conduit dans un tunnel.
## Cinquante jours dans l'obscurité totale
Le premier tunnel où il dit avoir séjourné se situait à quarante mètres sous terre. « J'étais enfermé dans une cellule minuscule et étroite. J'ai vécu dans l'obscurité totale pendant 50 jours d'affilée », poursuit-il. Le régime décrit est celui d'une « faim extrême » : un morceau de pain par jour, parfois un demi-morceau, parfois rien. C'est dans ce contexte que le jeune homme formule la phrase qui donne son titre à sa prise de parole : « J'étais l'esclave de mes geôliers. »
Le témoignage s'inscrit dans une série de récits publiés depuis la libération d'otages détenus par le Hamas. En effet, plusieurs anciens captifs ont évoqué des conditions de détention comparables : isolement prolongé, privation alimentaire, absence de lumière naturelle. Ces éléments pourraient alimenter les enquêtes en cours sur les crimes présumés commis lors de l'attaque du 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts selon les autorités israéliennes.
## Un livre pour documenter et transmettre
La publication de *Meeting myself in hell* intervient près de deux ans après les faits. Selon la présentation qu'en fait RFI, l'ouvrage se veut autant un récit personnel qu'un document sur l'expérience de la captivité. Le choix d'une double édition, en hébreu et en anglais, semblerait viser un lectorat international, notamment les diasporas et les institutions engagées dans le suivi des otages.
Toutefois, le livre ne se limite pas à la chronologie de la détention. Il interroge également la reconstruction d'un jeune homme de 24 ans après 505 jours de captivité. Par ailleurs, la question du sort des otages restants demeure un point de tension dans les négociations en cours. Le témoignage d'Omer Shem Tov pourrait, selon plusieurs observateurs cités par des médias internationaux, peser sur les débats autour des prochains accords humanitaires.
La portée de ce récit dépasse le cadre individuel : il documente, à hauteur d'homme, une pratique de détention que plusieurs organisations de défense des droits humains qualifient de potentiellement constitutive de crimes de guerre. L'enjeu, désormais, résidera dans la capacité des instances internationales à intégrer ces témoignages dans leurs travaux d'enquête.