Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision - 29/06

Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision, défend un "souverainisme numérique" face aux géants américains Le 29 juin, Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision, était
Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision, défend un "souverainisme numérique" face aux géants américains
Le 29 juin, Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision, était l'invité de Laure Closier dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Au cœur des échanges : le développement d'un système français et européen capable de se substituer aux solutions de Palantir, le géant américain de l'analyse de données. Une ambition qui s'inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de volonté d'indépendance technologique pour l'Europe.
La quête d'une alternative européenne à Palantir
Interrogé sur la stratégie de ChapsVision, Olivier Dellenbach a détaillé la feuille de route de son entreprise. Celle-ci vise à concevoir une plateforme d'intelligence artificielle et de traitement massif de données (Big Data) répondant aux mêmes besoins que Palantir, mais avec une garantie de souveraineté. Le PDG a insisté sur le fait que les données sensibles, notamment celles liées à la sécurité nationale ou à la défense, ne peuvent plus être confiées à des acteurs extra-européens. Selon lui, la capacité à traiter ces informations sur le sol français, avec des infrastructures et des algorithmes locaux, est devenue un enjeu stratégique de premier plan. Ce projet, qualifié de "système français/européen", ambitionne de fédérer des compétences industrielles et technologiques du Vieux Continent.
Un contexte porteur pour la souveraineté numérique
L'intervention d'Olivier Dellenbach intervient dans un climat où la notion de souveraineté numérique gagne du terrain. La guerre en Ukraine et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ont révélé la dépendance de l'Europe vis-à-vis des fournisseurs de cloud et d'analyse de données américains. ChapsVision, en se positionnant sur ce créneau, capitalise sur une demande croissante des États et des grandes entreprises pour des solutions certifiées "made in Europe". Le PDG a souligné que les réglementations européennes, comme le RGPD, créent un cadre favorable, mais que l'effort doit porter sur la capacité à fournir des technologies équivalentes, voire supérieures, à celles des concurrents d'outre-Atlantique. L'objectif affiché est de ne plus avoir à choisir entre performance et conformité.
Les défis d'un marché dominé par les américains
Malgré cette ambition, le chemin est semé d'embûches. Palantir, avec ses contrats colossaux et sa maturité technologique, reste un adversaire redoutable. Olivier Dellenbach a reconnu que le défi principal réside dans la capacité à industrialiser une offre concurrente tout en conservant une agilité de start-up. Il a également évoqué la nécessité de recruter des talents en intelligence artificielle et en cybersécurité, un marché extrêmement tendu en Europe. Pour y parvenir, ChapsVision mise sur des partenariats avec des laboratoires de recherche et des écoles d'ingénieurs françaises. Le PDG a estimé que le "souverainisme numérique" ne doit pas être un repli, mais une force : il s'agit de construire des briques technologiques que l'Europe maîtrise de bout en bout, de la donnée brute à l'application finale.
Conclusion : une fenêtre de tir stratégique
L'échange sur BFM Business a mis en lumière une conviction forte : le moment est venu pour l'Europe de prendre son destin numérique en main. Olivier Dellenbach a plaidé pour une action collective, impliquant à la fois les pouvoirs publics, via des commandes structurantes, et les acteurs privés, via des investissements massifs en R&D. Si le chemin vers une alternative crédible à Palantir est encore long, l'initiative de ChapsVision illustre une dynamique émergente. Le succès de cette entreprise dépendra de sa capacité à transformer cette ambition en produits concrets, capables de convaincre les marchés nationaux et internationaux de la pertinence d'un modèle européen de la donnée.