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Olivier Babeau : «Jean-Luc Mélenchon et le miroir aux alouettes de l’annulation de la dette»

Une · · Par Claire BERNARD

Olivier Babeau : «Jean-Luc Mélenchon et le miroir aux alouettes de l’annulation de la dette»

# Olivier Babeau : «Jean-Luc Mélenchon et le miroir aux alouettes de l’annulation de la dette» Dans une tribune publiée par Le Figaro le 11 août 2026, l'économi

# Olivier Babeau : «Jean-Luc Mélenchon et le miroir aux alouettes de l’annulation de la dette» Dans une tribune publiée par *Le Figaro* le 11 août 2026, l'économiste Olivier Babeau, président fondateur de l'Institut Sapiens, s'attaque frontalement à la proposition de Jean-Luc Mélenchon concernant l'annulation de la dette publique française. Le candidat LFI à l'élection présidentielle avait suggéré, lors d'une intervention le 24 juin dernier, de « geler à taux zéro » les titres détenus par la Banque de France, avant d'évoquer l'idée de les « foutre au feu ». Une formule choc qui, selon l'économiste, relève davantage de l'illusion que d'une solution crédible. ## Une proposition qui ignore la mécanique financière Olivier Babeau dénonce un raisonnement qu'il qualifie de « simpliste », car il occulterait une part essentielle du problème. Selon lui, la proposition de Jean-Luc Mélenchon repose sur une prémisse trompeuse : puisque la Banque de France appartient à l'État, effacer les titres qu'elle détient reviendrait à annuler une dette que l'État se doit à lui-même. Cependant, l'économiste rappelle qu'« une dette est aussi une créance pour celui qui la possède ». Les obligations acquises par la Banque de France auraient en effet créé en contrepartie des actifs qui ne peuvent être simplement ignorés sans conséquences majeures. L'économiste souligne que cette approche s'inscrit dans une tradition politique consistant à « décréter que les problèmes n'existent pas » plutôt que de les affronter directement. Une méthode qu'il oppose à celle consistant à regarder les difficultés « en face », seule approche susceptible de produire des solutions durables selon lui. ## Les implications économiques d'une annulation unilatérale Les conséquences potentielles d'une telle opération mériteraient d'être examinées avec attention. Si l'annulation des titres détenus par la Banque de France pouvait sembler séduisante à première vue, elle soulèverait des questions fondamentales sur la crédibilité de la signature française auprès des investisseurs internationaux. Les marchés financiers, qui surveillent avec attention la trajectoire des finances publiques françaises, pourraient interpréter une telle décision comme un précédent dangereux, affectant potentiellement les conditions de financement de l'État sur les marchés obligataires. Par ailleurs, cette proposition intervient dans un contexte où la France fait face à une dette publique qui dépasse les 110 % de son PIB, selon les données disponibles. Les débats sur la soutenabilité de cette dette animent régulièrement la scène politique française, et les propositions radicales, qu'elles émanent de l'extrême gauche ou d'autres horizons politiques, s'inscrivent dans un débat plus large sur les marges de manœuvre budgétaires de l'Hexagone. ## Un débat qui dépasse le cadre national La question de l'annulation de la dette détenue par les banques centrales ne concerne pas uniquement la France. Plusieurs économistes et responsables politiques européens ont, à divers degrés, évoqué des mécanismes comparables, notamment dans le sillage de la crise sanitaire et de la politique monétaire accommodante menée par la Banque centrale européenne. Toutefois, ces discussions se heurtent régulièrement aux règles encadrant le financement monétaire des États au sein de la zone euro, qui prohibent explicitement ce type de pratiques. Olivier Babeau, qui a récemment coécrit avec Laurent Alexandre l'ouvrage « Ne faites plus d'études » (Buchet-Chastel, 2025), poursuit ainsi son travail de critique des propositions économiques jugées démagogiques. Sa tribune s'inscrit dans un débat plus large sur la rigueur intellectuelle nécessaire face aux défis budgétaires auxquels la France est confrontée, alors que les prochaines échéances électorales pourraient raviver les propositions les plus radicales en matière de politique économique.