Numérique : l'Europe face au défi de la souveraineté – 24/09

## L'Europe face au défi de la souveraineté numérique : un enjeu stratégique pour les entreprises La question de la souveraineté numérique européenne s'impose c
## L'Europe face au défi de la souveraineté numérique : un enjeu stratégique pour les entreprises
La question de la souveraineté numérique européenne s'impose comme un sujet central pour les entreprises du continent. Selon les informations rapportées par BFM Business dans l'émission Tech&Co Business du jeudi 24 septembre, Catherine Mayenobe, directrice générale déléguée du groupe Caisse des Dépôts, et Henri d'Agrain, délégué général du Cigref, se sont penchés sur ce défi et sur la mesure de la dépendance numérique des entreprises. Une réflexion qui intervient dans un contexte où les acteurs économiques européens cherchent à réduire leur exposition aux technologies extra-européennes.
## Une dépendance numérique difficile à quantifier
La mesure de la dépendance numérique des entreprises constitue un préalable indispensable à toute stratégie de souveraineté. Selon les échanges rapportés par BFM Business, cette évaluation reste complexe : elle suppose d'identifier précisément les briques technologiques critiques, qu'il s'agisse d'infrastructures cloud, de logiciels métiers ou de composants matériels, majoritairement fournis par des acteurs non européens. Le Cigref, association qui fédère les directions des systèmes d'information de grandes entreprises françaises, travaille depuis plusieurs années sur cette cartographie. Henri d'Agrain, son délégué général, a ainsi pu exposer les méthodes permettant aux organisations de mieux appréhender leur exposition réelle aux fournisseurs étrangers. Cette démarche s'inscrit dans une prise de conscience progressive : sans indicateurs fiables, aucune politique de réduction des risques ne peut être pilotée efficacement.
## Le rôle des acteurs publics dans la construction d'alternatives
La présence de Catherine Mayenobe, directrice générale déléguée du groupe Caisse des Dépôts, témoigne de l'implication des institutions financières publiques dans ce chantier. Le groupe Caisse des Dépôts, bras armé financier de l'État français, joue un rôle structurant dans le financement d'écosystèmes technologiques nationaux et européens. Selon les éléments rapportés par BFM Business, la question posée dépasse la simple dimension technique : elle touche à la capacité de l'Europe à faire émerger des champions capables de concurrencer les hyperscalers américains et les géants chinois. Cette ambition suppose des investissements massifs, une coordination entre États membres et un cadre réglementaire incitatif. Les débats autour du cloud de confiance, lancés en France ces dernières années, illustrent cette dynamique.
## Des implications concrètes pour les entreprises
Pour les directions des systèmes d'information, la souveraineté numérique se traduit par des arbitrages opérationnels. Choisir un fournisseur européen peut impliquer des surcoûts, des migrations complexes ou une moindre maturité de certaines solutions. À l'inverse, maintenir une dépendance forte expose les organisations à des risques juridiques, notamment en matière d'extraterritorialité des législations étrangères, ainsi qu'à des vulnérabilités géopolitiques. Selon les analyses partagées dans l'émission Tech&Co Business, la réponse ne réside pas dans un repli autarcique, mais dans une stratégie de diversification et de renforcement des capacités européennes. Cette approche rejoint les orientations défendues par plusieurs rapports parlementaires et institutionnels ces dernières années.
## Une dynamique qui reste à consolider
Si le sujet de la souveraineté numérique gagne en visibilité, les observateurs soulignent que les moyens engagés demeurent en deçà des ambitions affichées. L'Europe dispose d'atouts : un marché unique vaste, des compétences scientifiques reconnues, un cadre réglementaire influent avec le RGPD et le futur règlement sur l'intelligence artificielle. Mais la fragmentation des initiatives nationales et la lenteur des décisions collectives freinent la construction d'une véritable autonomie stratégique. Les échanges entre Catherine Mayenobe et Henri d'Agrain, relayés par BFM Business, rappellent que la souveraineté numérique n'est pas qu'un slogan politique : elle se mesure, se pilote et se finance. Pour les entreprises, l'enjeu consiste désormais à transformer cette prise de conscience en plans d'action concrets, intégrés à leur gouvernance et à leur stratégie de long terme.