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Nouvelles alliances, armements améliorés… Comment les houthistes sont parvenus à humilier l’Arabie saoudite

Une · · Par Claire BERNARD

Nouvelles alliances, armements améliorés… Comment les houthistes sont parvenus à humilier l’Arabie saoudite

Dix années de guerre civile auront suffi à renverser un rapport de force que Riyad pensait verrouillé. Selon l'analyse publiée par Le Figaro le 15 septembre 202

Dix années de guerre civile auront suffi à renverser un rapport de force que Riyad pensait verrouillé. Selon l'analyse publiée par Le Figaro le 15 septembre 2026 sous la plume de Georges Malbrunot, les rebelles houthistes sont parvenus à conquérir la côte stratégique de la mer Rouge, jusqu'au détroit de Bab al-Mandab, précipitant la débandade de leurs adversaires loyalistes abandonnés par l'Arabie saoudite. Un revers territorial d'ampleur pour la coalition, qui illustre l'érosion progressive de l'influence saoudienne dans le conflit yéménite. ## Une conquête éclair sur le front côtier L'effondrement du front côtier, survenu entre le 9 et le 11 septembre selon les éléments rapportés par Le Figaro, constitue le renversement territorial le plus important dans la guerre au Yémen depuis 2022. Cette avancée rapide des rebelles pro-iraniens s'expliquerait, d'après le chercheur saoudien Nawaf Obaid cité par le quotidien français, par une conjonction de facteurs : un soutien aérien saoudien jugé piètre envers ses alliés locaux, de meilleurs renseignements du côté houthiste, et des connexions tribales solidement ancrées dans les zones conquises. Ces atouts auraient permis aux combattants houthistes de progresser sans rencontrer de résistance organisée à la hauteur de l'enjeu stratégique que représente le contrôle du détroit de Bab al-Mandab, point de passage essentiel du commerce maritime mondial. ## Dix ans de guerre et un tiers du territoire Cette conquête ne relève pas d'un épisode isolé. Elle s'inscrit dans une dynamique de long terme, au terme de laquelle les houthistes contrôlent désormais un tiers du territoire yéménite. Le mouvement rebelle a, en effet, résisté à plusieurs mois de bombardements américains ainsi qu'à de puissants raids israéliens, sans que ces pressions militaires extérieures ne parviennent à inverser la tendance sur le terrain. Cette capacité de résistance témoignerait d'une structuration militaire et logistique renforcée, alimentée par une aide militaire accrue de l'Iran, selon les éléments avancés par Le Figaro. La combinaison d'un appui extérieur substantiel et d'un enracinement local ancien semble avoir permis aux houthistes de transformer une insurrection en force territoriale durable. ## Une coalition loyaliste en déliquescence Le revers subi par les forces loyalistes met en lumière les fragilités d'une coalition soutenue par Riyad, décrite comme étant en déliquescence. L'abandon progressif de ses alliés locaux par l'Arabie saoudite, conjugué à un appui aérien insuffisant, aurait laissé le front côtier sans défense effective face à l'avancée rebelle. Cette situation pose la question de la pérennité de l'engagement saoudien dans un conflit qui s'éternise depuis une décennie, alors même que le royaume chercherait à réduire son implication militaire directe. Pour les loyalistes, la perte de la côte menant au détroit de Bab al-Mandab représente un affaiblissement stratégique majeur, tant sur le plan territorial que symbolique. ## Un rapport de force régional recomposé Au-delà du seul théâtre yéménite, cette séquence pourrait avoir des répercussions sur l'équilibre régional. Le contrôle houthiste d'une portion croissante du littoral de la mer Rouge soulève des interrogations sur la sécurité des routes maritimes, notamment pour le trafic commercial transitant par Bab al-Mandab. Par ailleurs, l'incapacité de la coalition menée par Riyad à contenir l'avancée rebelle, malgré des années d'intervention, semblerait confirmer un affaiblissement de la position saoudienne face à l'axe iranien. Toutefois, la situation demeure évolutive, et l'issue du conflit yéménite reste suspendue à des facteurs multiples, notamment l'évolution des soutiens extérieurs et la capacité des acteurs régionaux à redéfinir leurs alliances. À l'heure où les houthistes consolident leur emprise territoriale, la question d'une reconfiguration plus large des équilibres au Moyen-Orient demeure ouverte, sans qu'aucune issue définitive ne puisse être anticipée à court terme.