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Nouveau coup de tonnerre pour la défense franco-allemande: le chef des armées annonce que "les Allemands ont décidé de quitter le projet" de char du futur, 4 mois après l'échec du Scaf

Economie · · Par Julie MOREAU

Nouveau coup de tonnerre pour la défense franco-allemande: le chef des armées annonce que

## Nouveau revers pour la défense franco-allemande : Berlin quitte le projet de char du futur Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des Armées, a annoncé

## Nouveau revers pour la défense franco-allemande : Berlin quitte le projet de char du futur Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des Armées, a annoncé jeudi 8 octobre devant l'Assemblée nationale que « les Allemands ont décidé de quitter le projet » du Main Ground Combat System (MGCS), le programme franco-allemand de char de combat du futur. Cette déclaration intervient seulement quatre mois après l'échec du Scaf, le système de combat aérien futur, fragilisant un peu plus la coopération industrielle et militaire entre Paris et Berlin. ## Un programme lancé en 2017 pour remplacer Leclerc et Leopard 2 Lancé en 2017, à l'image du Scaf, le MGCS avait pour ambition de remplacer les chars Leclerc français et Leopard 2 allemands. Le système de combat terrestre articulé autour d'un char nouvelle génération était attendu vers 2045. Selon les éléments rapportés par BFM Business, l'arrivée de Rheinmetall dans le projet en 2019 a bousculé l'équilibre initial entre les industriels des deux pays. Depuis, le programme accumulait les retards et les désaccords, notamment sur la répartition des tâches entre entreprises françaises et allemandes, le financement et les choix technologiques. Le calendrier s'est progressivement éloigné, avec une mise en service désormais envisagée au mieux dans les années 2040. ## Le chef d'état-major tente de minimiser l'impact Face aux députés, le général Fabien Mandon a cherché à nuancer la portée de cette décision allemande. « Ce n'est pas un échec complet, c'est un choix allemand important. Nos armées de terre ont travaillé ensemble pendant plusieurs années pour réfléchir à ce que devait être un futur char de combat », a-t-il détaillé lors de son audition. Il a également souligné que « les grands principes du char sont validés, ça n'a pas été un travail vain ». Cette mise au point vise à préserver les acquis techniques du programme, alors que la coopération entre les deux armées de terre a mobilisé des équipes durant plusieurs années. ## Des tensions industrielles déjà perceptibles Les doutes sur la solidité du projet s'étaient accentués ces derniers mois. Dans un entretien accordé au quotidien allemand Welt am Sonntag, le patron de Rheinmetall, Armin Papperger, avait publiquement évoqué le risque d'un retrait français du programme. Selon ses informations, Paris envisageait de réduire drastiquement sa contribution financière au MGCS. Cette sortie médiatique illustrait la défiance croissante entre les partenaires industriels, sur fond de concurrence entre KNDS et Rheinmetall pour la maîtrise d'œuvre du futur blindé. Le retrait allemand annoncé ce jeudi constitue donc l'aboutissement d'un long processus d'éloignement, plutôt qu'une rupture soudaine. ## Un enjeu stratégique pour l'industrie de défense européenne Après l'échec du Scaf, cette nouvelle défection allemande pose question sur la capacité de Paris et Berlin à mener des programmes d'armement structurants en commun. Pour la France, l'enjeu est désormais double : préserver les compétences industrielles développées dans le cadre du MGCS et envisager une alternative, qu'elle soit nationale ou bâtie avec d'autres partenaires européens. Le ministère des Armées n'a pas encore détaillé les conséquences opérationnelles de ce retrait. La question du financement et du calendrier de remplacement des Leclerc, dont la prolongation de vie opérationnelle devient dès lors plus pressante, devrait rapidement s'imposer dans le débat parlementaire. La coopération franco-allemande en matière de défense sort donc affaiblie de cette séquence, à un moment où les deux pays affichent pourtant une volonté commune de renforcer l'autonomie stratégique européenne. Reste à savoir si ce nouvel échec restera isolé ou s'il annonce une remise en cause plus large des grands programmes d'armement menés en binôme.