"Nous travaillons désormais à une réforme juste": le gouvernement renonce à doubler le plafond des franchises médicales

Le gouvernement fait marche arrière sur un dossier sensible à quelques semaines des débats budgétaires. Interrogée par Le Figaro ce jeudi 20 août, la ministre d
Le gouvernement fait marche arrière sur un dossier sensible à quelques semaines des débats budgétaires. Interrogée par Le Figaro ce jeudi 20 août, la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a annoncé que l'exécutif renonçait à doubler le plafond des franchises médicales, une mesure qui avait suscité de vives critiques depuis son annonce fin juillet.
### Une mesure jugée "brutale" et incomprise
La décision initiale, dévoilée sur RMC fin juillet, prévoyait de doubler ce plafond, qui n'a pas évolué depuis vingt ans. Stéphanie Rist justifiait alors ce choix par la nécessité de dégager des ressources supplémentaires pour "continuer à investir dans notre hôpital", garantir "l'accès aux soins" et soutenir le développement "des médicaments les plus efficaces". Un décret était d'ailleurs en préparation à cette époque.
Face au tollé provoqué par cette annonce, la ministre a nuancé sa position dans les colonnes du Figaro. "Le doublement annoncé n'a pas été compris et a pu apparaître brutal", a-t-elle reconnu, avant d'ajouter : "Nous avons clarifié et nous travaillons désormais à une réforme juste, fondée sur une indexation à l'inflation depuis 2005."
### Une réforme adoucie mais pas abandonnée
Si le doublement pur et simple est écarté, l'augmentation du plafond des franchises médicales n'est pas totalement enterrée pour autant. La ministre a précisé que "l'augmentation sera par conséquent nettement inférieure à celle initialement envisagée". Cette nouvelle approche, basée sur une indexation à l'inflation calculée depuis 2005, devrait aboutir à une hausse plus modérée, bien loin des 100 % initialement évoqués.
Cette révision intervient alors que les débats sur le budget de l'année prochaine s'annoncent particulièrement tendus. Le gouvernement cherche des marges de manœuvre financières dans un contexte de déficit public sous surveillance, mais doit composer avec une opinion publique sensible aux questions de pouvoir d'achat et d'accès aux soins. Les franchises médicales, qui concernent chaque consultation, boîte de médicaments ou acte paramédical, représentent un sujet politiquement délicat, touchant directement le portefeuille des patients.
### Un enjeu budgétaire crucial pour l'hôpital
La question du financement du système de santé reste entière. La ministre avait clairement affiché ses priorités lors de son annonce initiale : investir dans l'hôpital public, améliorer l'accès aux soins et financer l'innovation pharmaceutique. Autant de chantiers qui nécessitent des ressources pérennes, alors que les comptes de la Sécurité sociale restent déficitaires.
Cette nouvelle mouture de la réforme, présentée comme "juste" et adossée à une logique d'indexation, devra convaincre à la fois les parlementaires, les professionnels de santé et les associations de patients. Le calendrier s'annonce serré : les discussions budgétaires doivent s'ouvrir dans les prochaines semaines, et le gouvernement devra rapidement préciser les contours concrets de cette augmentation révisée. Les modalités exactes de calcul et le nouveau plafond envisagé n'ont pas encore été détaillés par le ministère.