Onyx Infos

"Nous sommes au bord de la crise financière": Gérard Larcher tire la sonnette d'alarme sur la dette et les hausses d'impôts

Economie · · Par Julie MOREAU

## Un avertissement budgétaire à haut risque La France emprunte désormais autour de 5 %, un niveau inédit depuis 2002, et l'écart avec l'Allemagne ne cesse de s

## Un avertissement budgétaire à haut risque La France emprunte désormais autour de 5 %, un niveau inédit depuis 2002, et l'écart avec l'Allemagne ne cesse de se creuser. C'est dans ce contexte que Gérard Larcher, président du Sénat, a estimé que le risque d'une crise financière était imminent. Invité sur BFMTV, il a lancé un avertissement qui résonne comme un signal d'alarme pour l'ensemble de l'exécutif. ## « Nous sommes au bord de la crise financière » « Nous sommes au bord de la crise financière », a averti Gérard Larcher au micro d'Apolline de Malherbe, sur BFMTV. Le président du Sénat a appuyé son propos sur deux indicateurs convergents : des taux d'intérêt qui atteignent 5 % et un écart avec l'Allemagne qui, selon lui, ne cesse de grandir. « L'heure est venue, enfin, de retrouver une trajectoire de réduction des finances publiques », a-t-il renchéri. Ce diagnostic intervient alors que la France emprunte à son plus haut niveau depuis 2002, une situation qui pèse directement sur le coût de la dette et, par ricochet, sur l'ensemble du budget de l'État. ## Des réserves sur le budget présenté par le gouvernement Si le président du Sénat partage le constat d'urgence, il se montre plus sceptique sur les moyens retenus par l'exécutif. « Il y a une part de baisse de la dépense publique, mais il y a aussi une part d'impôts en plus, et ça c'est un vrai sujet », a-t-il expliqué. Il s'appuie sur l'évaluation du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), qui a chiffré à 17 milliards d'euros les impôts et à 11 milliards d'euros les économies de dépense publique liées au gel budgétaire. « Cette réalité, nous allons l'examiner et essayer de trouver les bons équilibres », a plaidé Gérard Larcher, renvoyant au travail parlementaire à venir sur le texte. ## Un budget sous contrainte de la dette Le budget présenté la semaine dernière prévoit 54 milliards d'euros d'économies, dont 43 milliards de mesures nouvelles, afin de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), après un dérapage attendu à 5,4 % cette année. Mais l'effort réel est ramené à 28 milliards en tenant compte du coût de la dette, qui augmentera de 12 milliards d'euros pour atteindre 91 milliards, selon le gouvernement. La dette publique, elle, atteindrait 121,7 % du PIB l'an prochain, un record. Le Haut Conseil des finances publiques juge « plausible » le scénario économique retenu par l'exécutif, sans pour autant lever les inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques. ## Un équilibre à trouver entre économies et fiscalité L'équation budgétaire se révèle donc particulièrement délicate : réduire le déficit sans étouffer la croissance, tout en évitant que la charge de la dette ne neutralise les efforts consentis. La hausse des taux d'emprunt agit comme un révélateur des fragilités françaises, et l'écart avec l'Allemagne souligne la perte de confiance relative des marchés. Pour Gérard Larcher, la priorité reste claire : retrouver une trajectoire crédible de réduction des dépenses publiques, sans faire peser l'ajustement sur les seuls contribuables. Le débat parlementaire sur le budget s'annonce donc tendu, entre la nécessité d'assainir les comptes et la volonté de ne pas alourdir la pression fiscale. Les prochaines semaines diront si l'avertissement du président du Sénat suffira à infléchir les arbitrages du gouvernement, ou s'il restera un cri d'alarme sans effet immédiat sur une trajectoire budgétaire déjà sous haute surveillance.