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"Nous sommes assez inquiets": Pascale Ancel, co-dirigeante de "Transports Marchand", réagit à la fin des aides sur la hausse des carburants pour les transporteurs routiers

Economie · · Par Julie MOREAU

La fin des dispositifs d'aide à la hausse des carburants destinés aux transporteurs routiers suscite l'inquiétude des professionnels du secteur. Pascale Ancel,

La fin des dispositifs d'aide à la hausse des carburants destinés aux transporteurs routiers suscite l'inquiétude des professionnels du secteur. Pascale Ancel, co-dirigeante de l'entreprise « Transports Marchand », a exprimé ses craintes au micro de BFM Business, résumant un sentiment largement partagé dans une filière déjà fragilisée par plusieurs années de volatilité des prix énergétiques. ## Un contexte de flambée persistante des prix La décision de mettre un terme aux aides intervient alors que les prix des carburants demeurent à des niveaux élevés, ce qui pèse directement sur les charges d'exploitation des transporteurs. Selon les éléments rapportés par BFM Business, cette situation n'est pas isolée : le secteur du BTP fait également face à une flambée des prix qui pourrait conduire certaines entreprises à refuser des chantiers faute de carburant, comme l'a illustré un témoignage diffusé sur la même antenne. Cette conjonction de difficultés dans deux secteurs fortement dépendants du diesel illustre l'ampleur de la pression qui s'exerce sur l'ensemble de l'économie des transports. ## Des inquiétudes partagées au sein de la filière L'expression « nous sommes assez inquiets » employée par Pascale Ancel traduit une préoccupation qui dépasse le seul cas de son entreprise. Les transporteurs routiers, dont les marges sont structurellement faibles, absorbent difficilement les variations du coût du carburant, premier poste de dépense après les salaires. La fin des aides pourrait donc se répercuter sur leur compétitivité, voire sur leur capacité à maintenir leurs effectifs et leurs tournées. Ce contexte s'inscrit dans un débat plus large sur les mécanismes de soutien aux entreprises face aux chocs énergétiques, alors que d'autres voix, comme celle de Jean-Luc Mélenchon, réclament un blocage des marges de Total plutôt qu'une aide publique. ## Un débat plus large sur les mécanismes de soutien La question du financement de ces dispositifs divise également les acteurs économiques. Serge Papin, cité par BFM Business, s'est opposé à un blocage des prix du carburant, estimant qu'une telle mesure reviendrait à « recréer de la dette ». Il a en revanche assuré que des aides au carburant devant être versées en mai seraient finalement perçues fin septembre, signe que les retards de versement compliquent encore la lisibilité du soutien public. Ces échanges témoignent d'une recherche d'équilibre délicate entre soutien aux secteurs vulnérables et maîtrise des finances publiques. ## Une équation économique délicate Pour les transporteurs routiers, la fin annoncée des aides survient dans un moment charnière. La hausse des coûts énergétiques s'ajoute à d'autres charges, notamment salariales et réglementaires, dans un marché européen très concurrentiel où la moindre variation de prix peut faire basculer un contrat. Les entreprises du secteur devront soit répercuter ces hausses sur leurs clients, soit réduire leurs marges, au risque de fragiliser leur modèle. La réaction de Pascale Ancel illustre ainsi une inquiétude qui pourrait se transformer en mobilisation collective si aucune solution pérenne n'est proposée. La fin des aides sur la hausse des carburants place les transporteurs routiers face à un défi de compétitivité majeur. Si le gouvernement n'annonce pas de mesure alternative, la pression pourrait s'accroître sur les entreprises du secteur et raviver les tensions autour de la fiscalité énergétique.