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"Nous prenons les menaces au sérieux…" : le maire d’Alès Christophe Rivenq menacé de mort par la "DZ Mafia"

Une · · Par Claire BERNARD

# "Nous prenons les menaces au sérieux…" : le maire d'Alès Christophe Rivenq menacé de mort par la "DZ Mafia" Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été la cible

# "Nous prenons les menaces au sérieux…" : le maire d'Alès Christophe Rivenq menacé de mort par la "DZ Mafia" Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a été la cible de menaces de mort ce jeudi 16 juillet. Des inscriptions injurieuses sur son domicile et deux balles de 9 mm retrouvées dans sa boîte aux lettres ont conduit le parquet à ouvrir une enquête pour "menaces de mort et dégradations". Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, l'édile aurait été visé par un message signé de la "DZ Mafia", un groupe criminel originaire de la région marseillaise dont l'activité s'étend désormais au-delà des Bouches-du-Rhône. ## Une enquête judiciaire ouverte pour menaces de mort D'après des sources proches de l'enquête, les faits se seraient déroulés en début de matinée, lorsque Christophe Rivenq a découvert les inscriptions insultantes taguées sur la façade de sa résidence principale. Les forces de l'ordre, dépêchées sur place, auraient également retrouvé deux projectiles de calibre 9 mm dans sa boîte aux lettres, accompagnés d'un message manuscrit évoquant la "DZ Mafia". Le parquet d'Alès a immédiatement ouvert une enquête préliminaire confiée à la gendarmerie nationale, en lien avec la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, compétente pour les faits de criminalité organisée. Le maire, également vice-président du conseil régional d'Occitanie, a réagi dans un communiqué transmis à la presse locale. "Nous prenons ces menaces au sérieux, mais nous ne céderons pas à l'intimidation", a-t-il déclaré, tout en appelant à la "mobilisation de tous les élus face à la montée des violences". Christophe Rivenq aurait également été placé sous protection rapprochée par les services de l'État, selon une source préfectorale citée par *Midi Libre*. ### La "DZ Mafia" : une organisation criminelle en expansion La "DZ Mafia", dont le nom fait référence à l'Algérie (code pays "DZ"), est un groupe criminel apparu dans les quartiers nord de Marseille au début des années 2020. Selon un rapport de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) consulté par nos confrères, cette organisation serait impliquée dans des trafics de stupéfiants, des extorsions et des règlements de comptes. Son mode opératoire, caractérisé par des menaces directes et des actes d'intimidation visant des personnalités publiques, aurait récemment franchi les limites de la région marseillaise pour s'étendre vers l'intérieur des terres, notamment dans le Gard. Cette affaire intervient dans un contexte de recrudescence des violences à l'encontre des élus locaux en France. Selon des données du ministère de l'Intérieur, près de 2 500 actes d'intimidation ou d'agression auraient été recensés en 2024, soit une hausse de 15 % par rapport à l'année précédente. Christophe Rivenq, élu depuis 2014 et maire d'Alès depuis 2020, n'en serait pas à sa première alerte : en 2022, son véhicule de fonction avait déjà été incendié, sans que les auteurs ne soient identifiés. ## Des précédents inquiétants dans le Gard Le département du Gard, frontalier des Bouches-du-Rhône, est régulièrement touché par des infiltrations de la criminalité organisée marseillaise. En 2023, le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, avait également été menacé après des opérations de démantèlement de trafics de drogue. Ces épisodes, bien que distincts, témoignent d'une porosité croissante entre les zones urbaines sensibles et les territoires périurbains, où les élus locaux se retrouvent en première ligne. La question de la protection des maires face à ces menaces pourrait être au cœur des débats lors des prochaines assises nationales des élus locaux, prévues en septembre prochain à Paris. Christophe Rivenq, qui a reçu le soutien de plusieurs de ses homologues du département, a annoncé son intention de porter plainte et de "demander des comptes à l'État sur les moyens alloués à la sécurité des élus de terrain". En attendant les résultats de l'enquête, les patrouilles de gendarmerie ont été renforcées autour de l'hôtel de ville d'Alès et du domicile du maire, tandis que la cellule d'écoute psychologique mise en place pour les agents municipaux reste active. Une situation qui, selon les observateurs, pourrait inciter d'autres élus à revoir leurs dispositifs de sécurité personnelle.