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"Nous pourrions assister à une débandade": les appels à la démission du Premier ministre Keir Starmer se multiplient, les coûts d'emprunts de Londres sont au plus haut depuis 1998 (encore plus qu'à la veille de la démission de Liz Truss)

Economie · · Par Julie MOREAU

Les tensions politiques au Royaume-Uni semblent atteindre un point critique, alors que les coûts d'emprunt de Londres grimpent à des niveaux inédits depuis près

Les tensions politiques au Royaume-Uni semblent atteindre un point critique, alors que les coûts d'emprunt de Londres grimpent à des niveaux inédits depuis près de trois décennies. Ce mardi, les taux d'intérêt des obligations d'État à 30 ans ont atteint 5,797%, un sommet que le pays n'avait pas connu depuis 1998, dépassant même les niveaux observés avant la démission de Liz Truss. Le taux à 10 ans, quant à lui, s'approchait de 5,116%, un niveau similaire à celui de 2008, illustre la défiance croissante des investisseurs envers le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer. Cette situation alarmante survient juste après une lourde défaite des travaillistes lors des élections locales, qui a exacerbé les appels à la démission de Starmer, jugé de plus en plus contesté. Les analystes, comme Derren Nathan de Hargreaves Lansdown, soulignent que la crainte d'un gouvernement travailliste "plus laxiste sur le plan budgétaire" pèse lourdement sur les marchés. Selon Nathan, l'inflation persistante, notamment due à des prix du pétrole en forte hausse, contribue également à cette pression sur le marché obligataire. Les récentes élections locales ont été un véritable coup de massue pour le Parti travailliste, qui a perdu des sièges clés, exacerbant ainsi les critiques à l'encontre de Starmer. Des figures influentes au sein du parti, comme Miatta Fahnbulleh, secrétaire d'État, ont déjà annoncé leur démission, déclarant ne plus avoir confiance en la capacité de Starmer à mener les réformes nécessaires. Fahnbulleh a évoqué un besoin urgent de changement, suggérant que le leadership actuel pourrait ne pas être à la hauteur des défis économiques auxquels le pays est confronté. Les taux d'emprunt à long terme, qui influencent directement le coût des crédits pour les entreprises et les ménages, sont donc devenus un indicateur crucial de la santé économique du Royaume-Uni. L'augmentation des coûts d'emprunt pourrait conduire à une contraction économique, aggravée par une inflation déjà préoccupante. La Banque d'Angleterre pourrait être amenée à revoir sa politique monétaire pour tenter de stabiliser la situation, mais cela pourrait également compliquer davantage le paysage politique et économique. L'impact de la montée des taux d'emprunt se fait déjà sentir dans divers secteurs, y compris l'immobilier, où les coûts des prêts hypothécaires pourraient augmenter, rendant l'accession à la propriété plus difficile pour de nombreux Britanniques. La méfiance des investisseurs pourrait également affecter les projets d'infrastructure et d'investissement public, exacerbant une situation déjà délicate. La situation géopolitique, notamment la guerre au Moyen-Orient, a également des répercussions sur l'économie britannique. La flambée des prix du pétrole, qui a atteint des niveaux record, exerce une pression supplémentaire sur les coûts d'emprunt et alimente l'inflation. Les investisseurs redoutent que cette instabilité ne dure, ce qui pourrait rendre le climat économique encore plus incertain. Les prochaines semaines seront déterminantes pour Keir Starmer et son gouvernement. Les appels à la démission se multiplient, et la capacité du Premier ministre à naviguer dans cette crise politique et économique sera scrutée de près. Les marchés financiers, qui réagissent déjà négativement à la situation actuelle, pourraient imposer un coût élevé au gouvernement si des mesures ne sont pas prises rapidement pour restaurer la confiance. Dans ce contexte tumultueux, la question de la résilience du Parti travailliste et de son leadership se pose avec acuité. Starmer, souvent critiqué pour son approche jugée "trop timide", devra démontrer sa capacité à rassembler son parti et à proposer des solutions concrètes face à des défis économiques grandissants. Le risque d'une "débandade" sur les marchés obligataires, comme le suggèrent certains analystes, pourrait devenir une réalité si la situation politique ne s'améliore pas rapidement. La stratégie à adopter pour stabiliser les taux d'emprunt et regagner la confiance des investisseurs sera cruciale. Les économistes et les observateurs politiques surveilleront de près les décisions à venir du gouvernement, en espérant qu'elles puissent contrer cette spirale inquiétante et redonner un cap à l'économie britannique.