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« Nous l’avons invitée à entrer, et on ne s’est plus quittés » : dans le bastion rouge de la Garbatella, la jeunesse politique de Giorgia Meloni

Une · · Par Claire BERNARD

« Nous l’avons invitée à entrer, et on ne s’est plus quittés » : dans le bastion rouge de la Garbatella, la jeunesse politique de Giorgia Meloni

Des effluves de jasmin embaument les hauteurs de la Garbatella, ancien bastion ouvrier du sud de Rome historiquement dominé par la gauche. C’est dans ce quartie

Des effluves de jasmin embaument les hauteurs de la Garbatella, ancien bastion ouvrier du sud de Rome historiquement dominé par la gauche. C’est dans ce quartier aux cités-jardins caractéristiques que Giorgia Meloni, aujourd’hui présidente du Conseil italien, a vécu ses premières heures de militante au sein d’une droite néofasciste alors reléguée aux marges de la vie politique. Selon un reportage publié par Le Figaro le 1er août 2026, signé par l’envoyé spécial à Rome Cyrille Louis, le parti Frères d’Italie (Fratelli d’Italia, FdI) y tient désormais une permanence, dans une ruelle en pente où de jeunes militants en polo et bermuda se rassemblent devant une façade marquée de la flamme tricolore. ### Un lieu de mémoire pour une nouvelle génération militante Le responsable local, Mattia Rocco del Balzo, évoque un « lieu mythique » où sa génération s’efforce « avec fierté de suivre sa trace ». Cette permanence incarne la continuité d’un parcours politique entamé il y a plus de trente ans, alors que le quartier constituait un terreau hostile pour une formation d’extrême droite. L’implantation de FdI dans ce secteur symbolise une transformation profonde du paysage politique italien, où la formation dirigée par Meloni est passée d’un statut marginal à celui de première force du pays. Les témoignages recueillis par le journaliste décrivent une intégration progressive, marquée par des relations de voisinage et une acceptation croissante, malgré les racines idéologiques du mouvement. ### Une ascension politique ancrée dans le territoire L’histoire de l’implantation de Meloni à la Garbatella commence par un geste d’ouverture de la part des habitants, comme le rapporte la phrase mise en exergue par Le Figaro : « Nous l’avons invitée à entrer, et on ne s’est plus quittés ». Cette citation, attribuée à des résidents du quartier, illustre la manière dont la future cheffe du gouvernement a su tisser des liens durables dans un environnement a priori défavorable. Le quartier, marqué par une tradition ouvrière et des valeurs de solidarité, aurait vu défiler de nombreuses figures politiques de gauche avant que la droite n’y trouve progressivement une audience. Selon des informations rapportées par le quotidien français, cette implantation précoce aurait joué un rôle déterminant dans la construction du capital politique de Meloni, lui permettant de forger un discours ancré dans les réalités locales. Le reportage s’inscrit dans une série consacrée aux métamorphoses de Giorgia Meloni, qui dirige l’Italie depuis quatre ans. Le Figaro souligne que sa politique, caractérisée par un pragmatisme assumé, rassure l’Europe et désarme ses adversaires. Son alliance avec le centre droit constitue par ailleurs une source d’inspiration pour les conservateurs d’autres pays. La permanence de la Garbatella apparaît ainsi comme un symbole de cette évolution, où les effluves de jasmin se mêlent désormais aux débats politiques, dans un quartier qui fut longtemps un fief de la gauche italienne. ### Une implantation qui interroge la mémoire du quartier La présence de Frères d’Italie dans ce bastion historique de la gauche ne va pas sans susciter des interrogations sur la mémoire du quartier et l’évolution de ses habitants. Selon des éléments rapportés par Le Figaro, la façade de la permanence, marquée de la flamme tricolore — emblème hérité du Mouvement social italien —, témoigne d’une filiation assumée avec l’héritage néofasciste. Toutefois, la jeunesse des militants présents sur place, décrits comme dynamiques et soucieux de s’inscrire dans la continuité du parcours de Meloni, semble incarner une forme de normalisation politique. Le quartier, qui a connu des transformations sociologiques importantes au fil des décennies, pourrait voir dans cette implantation le signe d’un réalignement des loyalismes politiques locaux. ### Une étape symbolique dans un parcours national Cette permanence de la Garbatella ne constitue pas un simple point d’ancrage local, mais un jalon dans la construction d’un récit national autour de la figure de Giorgia Meloni. Le lieu, chargé d’histoire pour le mouvement, sert désormais de référence aux nouvelles générations de militants, qui y voient un point de départ comparable à celui de leur leader. Le reportage de Cyrille Louis suggère que cette implantation précoce dans un environnement hostile a contribué à forger une culture politique de la résistance et de la conquête, aujourd’hui transposée à l’échelle nationale. Alors que Meloni poursuit son mandat à la tête du gouvernement italien, la Garbatella demeure un témoin silencieux de ses débuts, et un symbole de la capacité du parti à s’enraciner dans des territoires qui lui étaient initialement défavorables.