« Nous, toute la France était dehors » : comment des militants de mai 68 voient les blocages lycéens d’aujourd’hui

## « Nous, toute la France était dehors » : comment des militants de mai 68 voient les blocages lycéens d’aujourd’hui Depuis près de trois semaines, des lycéens
## « Nous, toute la France était dehors » : comment des militants de mai 68 voient les blocages lycéens d’aujourd’hui
Depuis près de trois semaines, des lycéens et étudiants bloquent des établissements dans plusieurs villes de France, revendiquant ouvertement une filiation avec mai 68. Selon un récit publié par Le Figaro le 13 octobre 2026, cette comparaison interroge directement ceux qui ont vécu le mouvement soixante ans plus tôt.
## Une référence assumée par la génération actuelle
Les pancartes brandies dans les manifestations ne laissent guère de place au doute. « Septembre 2026 is the new mai 68 », « merci Papi pour mai 68, on prend la relève en 2026 » ou encore « Macron, tu nous la mets à l’envers, on te la “mai 68” » : autant de formules relevées par Le Figaro qui témoignent d’une appropriation explicite du patrimoine contestataire de 1968. Les motifs invoqués par les jeunes mobilisés sont multiples : Parcoursup, le manque de professeurs, la vétusté des établissements, mais également les violences policières, le réchauffement climatique et le racisme. Cette diversité thématique, note le quotidien, contraste avec la focale plus resserrée du mouvement de 1968, davantage centré sur les questions universitaires et sociétales de l’époque.
## Des aînés partagés entre reconnaissance et distance
Interrogés par Le Figaro, plusieurs anciens militants de mai 68 livrent des appréciations contrastées. Certains, restés « résolument militants », selon les termes du journal, voient dans ces blocages une continuité logique de leur propre engagement. D’autres, en revanche, ont pris leurs distances avec l’action collective, expliquant être passés « à droite » parce que « c’est dans la logique des choses ». Ce clivage, rapporte le quotidien, reflète moins une opposition générationnelle qu’une divergence sur les formes et les finalités de la contestation. La comparaison entre les deux époques reste toutefois délicate : en 1968, le mouvement avait paralysé le pays pendant plusieurs semaines, avec près de dix millions de grévistes selon les estimations historiques couramment citées. Les blocages actuels, bien que médiatisés, demeurent circonscrits à certains établissements et villes.
## Un soutien politique qui divise
La filiation revendiquée par les jeunes manifestants a trouvé un écho politique notable. Selon Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon s’est extasié lundi devant ce qu’il considérerait comme le « plus grand mouvement de jeunesse » depuis des décennies. Cette récupération politique, loin de faire l’unanimité, pourrait compliquer la lecture du mouvement par l’opinion publique. En effet, l’association entre une mobilisation lycéenne et un positionnement partisan constitue un facteur susceptible de fragiliser l’adhésion d’une partie de la population, notamment chez les électorats modérés.
## Une mémoire militante en recomposition
Au-delà des postures, la confrontation entre les deux générations met en lumière une transformation du répertoire d’action. Là où mai 68 s’inscrivait dans un contexte de guerre froide et de remise en cause des hiérarchies traditionnelles, les blocages de 2026 s’ancrent dans un paysage marqué par l’urgence climatique, la numérisation de l’orientation scolaire et une défiance accrue envers les institutions. Les anciens militants interrogés par Le Figaro semblent moins juger la légitimité du mouvement que son efficacité et sa capacité à produire des débouchés concrets. La question du devenir de cette mobilisation, à l’heure où les négociations avec le gouvernement semblent au point mort, demeure ouverte.